Merci JP ! Bien sûr qu’il y a une histoire, et les éléments que vous apportez sont dignes d’intérêt, je pense notamment à la réplique : « Je ne suis pas ton mari, je suis une chose. » Je n’ai pas pour autant la même interprétation que vous, bien que nos lectures ne soient pas contradictoires. Pour moi l’héroïne jouée par Laura Dern dont Lynch fouille et dévoile l’inconscient est une prostituée d’origine polonaise « officiant » sur Sunset Boulevard. Elle est assassinée et au moment de sa mort, toute sa vie défile à la manière d’un rêve que Lynch projette sur l’écran, comme pour trouver une résolution acceptable à son destin, exactement de la même manière que l’activité onirique se met en route pour permettre de concilier en soi (et pour soi) pensée rémanente et désir inconscient. C’est là que l’idéal du moi de la prostituée se révèle identifié à une star hollywoodienne en vogue, que la « dé-temporalisation » propre au langage du rêve (qui ne connait pas non plus la négation, je le rappelle) permet de réarticuler les projections identificatrices et la superposition des différents espaces-temps...
Il y aurait tellement à en dire ! Mais arrêtons-nous là pour aujourd’hui.
(je vois le psychiatre et ses deux infirmiers qui arrivent avec leur drôle de chemise aux manches très longues et qui s’attache dans le dos...