J’avais déjà entendu la question posée en terme de "existe-t-il un germe de violence dans l’Islam ?", mais "un gène musulman de la violence", c’est bien la première fois que je lis ça !
Un géne musulman de la violence, cela signifierait que les musulmans possèdent en eux génétiquement un gène de la violence. Musulman n’est pas une race. Je connais un homme issu d’une famille belge à prédominance catholique qui a embrassé la religion musulmane pour épouser une musulmane. Je vous assure qu’il n’a pas muté génétiquement !
Je crois que l’auteur de cet article fait un gros embroglio entre génétique, comportements, identité et religion. Ou y’a d’la gene dans le discours y’a souvent du racisme, alors gare à vos erreurs de réthorique !
Les échanges d’ions dans le cerveau et tous autres procédés chimiques ne produisent pas la pensée ou les émotions. Ils n’en sont que le produit. De même le rythme des pulsations cardiaques change selon que la personne marche ou court...Mais pourquoi court-elle ? Vers quoi marche-t-elle ? Est-elle téléguidée telle une marionnette par ses ions ou ses neurones, ou bien a-t-elle une motivation propre pour aller là où elle va ?
Le tout-psychologique est de toutes façons plus rassurant et moins enfermant que le "tout-génétique", auquel je m’oppose fermement.
En attaquant le" tout-psychologique", vous nous privez d’un argument important contre le "tout-génétique" et le "tout psychiatrique", dont on connait la dimension enfermante et aliénante, encore plus utilisés politiquement. Parfois entre plusieurs maux il vaut mieux choisir le moindre.
Mais vous parlez en fait de "tout-psychanalytique" en citant Freud, non de "tout-psychologique". La psychanalyse n’est pas la psychologie, qui n’est pas la psychothérapie, etc. Ce sont des domaines différents.
Si vous voulez on peut tout englober dans le terme "tout-psy", mais quel est le contraire de "tout psy" ? "Tout-soma" ?
Merci en tous cas d’avoir cité Freud et la psychanalyse. On peut l’opposer actuellement, de même que la psychologie transgénérationnelle, à la psychologie scientifique qui tend à tout biologiser, avec la derrive du tout-génétique...Avec le tout-génétique, même pas besoin de penser ni de réfléchir, ni de faire des efforts de comportements, nous sommes des organismes animaux conditionnés à 100% !
Nous sommes des êtres pensants en relation avec d’autres êtres pensants. Nous réagissons les uns aux autres et aussi d’une génération sur l’autre. Dans le "tout-psy" réside la possibilité de connaissance de soi et d’autotransformation, voire de libération et d’autoguérison par le seul pouvoir de la réflexion. C’est tout de même positif. Dit autrement, l’être humain peut se transformer et se régénérer par le seul pouvoir de sa pensée libre s’appuyant sur la connaissance de soi (et de son contexte).
Chacun peut choisir librement son "école" , son psy, ou bien évolue de manière autodidacte. Nous avons plus ou moins besoin de mots et de concepts pour concevoir et énoncer notre pensée (d’où l’intérêt d’un interlocuteur pour certains) que nous puisons là où nous les trouvons dans le langage commun. Ca ne reste que des mots qui passent, exactement comme les ingrédients qui servent à cuisiner un plat...L’erreur serait de figer l’esprit et la chair dans le langage conceptuel. C’est pourquoi les diagnostics et les définitions de personnes au lieu de définitions de comportements sont si délétères. C’est pourquoi il vaut mieux une psychologisation des comportements qu’une psychatrisation des personnes (même si par ailleurs il faut traiter les crises comportementales).
On ne peut se servir valablement du tout-psy que pour soi...car on ne connait pas les autres à 100% et donc on ne peut pas les "analyser", ni les diagnostiquer à l’emporte-pièce.
La psychanalyse pour ne citer qu’elle n’est pas une grille de lecture du monde, ni des autres. Ce n’est même pas une grille de lecture. C’est une démarche vis à vis de soi-même. Ceux qui l’utilisent comme grille de lecture des autres ne sont que dans le tâtonnement, les allégations, et forcément beaucoup d’erreurs.
Les termes psychanalytiques sont passés dans le langage courant, plus ou moins bien compris dans leur paradigme...Du moment qu’on se comprend les uns les autres...Et quand ce n’est pas pour se jeter à la figure des noms d’oiseaux (c’est ainsi que ce qui a été crée pour construire sert un jour à détruire...)
Les concepts et des termes psy sont utilisés dans le langage commun pour évoquer des comportements et des situations. Pourtant c’est impossible avec des inconnus ! Par exemple je peux prétendre que quelqu’un est régit par son surmoi plutôt que son ça parce-qu’il refuse de manger du gateau, alors qu’en vérité il n’aime pas les gateaux, ou il n’a pas faim, ou il est diabétique et il n’y a pas droit... Et c’est là un cas de figure très simple !
Alors le tout-psy, tout dépend de l’usage que l’on en fait. "Connais-toi"...
J’aime beaucoup votre assertion, Chabou. Ce serait formidable un monde ou chacun aurait un toit, son pain quotidien, de l’eau etc., pourvu que le changement ne s’opère pas par la violence et la dictature, qu’elle soit politique ou religieuse.
Occident et islam : comment venir à bout de l’intégrisme ? Excellente question et très bon exposé de l’état des lieux. N’est-il pas cependant un peu naïf de regarder le monde en terme de colons et de colonisés, terroristes et terrorisés, en donnant toujours aux mêmes les mauvais rôles ?
Qui dans l’Histoire de l’humanité ne s’est jamais comporté en colon ? A part les indiens d’Amérique massacrés et les esclaves noirs qui n’en n’ont jamais eu l’occasion ? A part les moines tibétains totalement non-violents ?...Les arabes musulmans dont il est question dans l’article ont été eux-aussi des colons et des envahisseurs en leur temps, il n’y a pas eu que les européens... Ils ont eux aussi pratiqué l’esclavage, entre autres crimes contre des êtres humains. Presque tous les groupes humains se sont rendus coupables de comportements criminels vis à vis d’autres groupes humains et vis à vis d’individus, à différentes périodes de l’Histoire. Je m’exprime ici sans parti-pris ni préférences. C’est toute l’humanité que je veux défendre, et aussi mettre en cause.
Nous assistons aujourd’hui à une neo-colonisation économique, idéologique (encore à propos d’’économie) et parfois geopolitique par des leaders occidentaux. Les islamistes ne font-ils que réagir à cette agression, ou bien ont-ils eux aussi des intentions prédatrices ?
Le seul moyen de le savoir serait de cesser totalement tout comportement colon, et d’imposer un système de commerce équitable, non menaçant, dans toutes les régions du monde. Mais la spéculation a supplanté le commerce. Le commerce équitable mondialisé semble donc un projet utopique, et presque hors sujet. Ca peut rendre fous de colère toutes les victimes de la spéculation.
Le libéralisme économique conjugué avec la spéculation me semble tout aussi préjudiciable à l’humanité en grande partie réduite en une sorte d’esclavage et à la précarité que le crime perpétré au nom de Dieu.
Imaginons tout de même que tout cela s’arrange, que le monde s’équilibre un peu. Que resterait-il alors des préjudices subis de parts et d’autres ? Quelles suites ? Pardon ou vengeance ? Que dit l’Islam à propos de pardonner ?
J’aimerais savoir ce qu’il en est du pardon en Islam, mais jamais je ne me permettrais de critiquer une religion car cela me semblerait politiquement incorrect. Les catholiques par exemple ont fait leur auto-critique par rapport à l’inquisition et n’auraient pas permis à d’autres de le faire. Toute intervention extérieure aurait pu au contraire différer cette auto-critique. Il faut un jour laisser les gens face à leurs responsabilités, leurs contradictions internes et leurs erreurs.
J’aimerais également savoir ce qu’il en est de l’humanisme et de la conscience politique chez les plus émminents spéculateurs.