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Ferusse

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  • Ferusse 16 décembre 2008 10:36

    Il paraît que les manifs des jeunes manquent de slogans, de banderoles et de tracts pour faire connaître leurs intentions.
    En guise de contribution au mouvement, voici une dizaine de slogans tirés d’un bouquin paru en mai dernier "Slogans pour les prochaines révolutions" de Denis Langlois :

    * Le droit de vivre libre ne se mendie pas, il se chourave !

    * Thésaurisez vos révoltes, c’est un bon placement.

    * Sois jeune et ne te tais surtout pas !

    * Cours camarade, le vieux monde est toujours devant toi.

    * Dieu est mort, Marx est mort. Mais moi, je me sens vachement bien.

    * Luttons avec émulation contre l’esprit de compétition !

    * Tapez révolte sur votre clavier et sortez dans la rue !

    * Retire les écouteurs de tes oreilles. Entends le bruit de la révolte qui gronde.

    * Si ton truc s’appelle console de jeux, c’est pour te consoler de la médiocrité de ta vie.

    * Tous égaux, supprimons les derniers rangs des manifestations.

    * Si vous avez du mal à dire non, dites merde !

    * Abolissons l’ennui !



  • Ferusse 9 août 2008 14:12

    Chère Taverne des Poètes,

    Un peu tristounet ton papier. Gardons le moral. Offrons-nous quelques nouveaux slogans de 2008 tirés du dernier livre de Denis Langlois "Slogans pour les prochaines révolutions". Treize, ça porte bonheur :

    * Tapez révolte sur votre clavier et sortez dans la rue !

    * Ne laissons pas les petits jouer avec le pouvoir.

    * Insurgez-vous ! Si vous ne savez pas exactement pourquoi, en face eux ils le savent.

    * 68 n’était qu’un galop d’essai, une reconnaissance de terrain.

    * La révolution fait bander mieux que le Viagra.

    * Délocalisons les patrons !

    * N’ajoutez jamais un s à mai.

    * Le Grand Soir peut encore se lever de bon matin.

    * Avez-vous remarqué que nous sommes nettement plus nombreux qu’eux ?

    * Sois jeune et ne te tais surtout pas !

    * Si vous avez du mal à dire non, dites merde !

    * Abolissons l’ennui !

    * Une seule question : quand fait-on la révolution !


     Bon courage.



  • Ferusse 19 mars 2008 16:29

    Certes, au cours des cinquante dernières années, il y a eu des événements politiques ou sociaux importants. Cependant il serait vain de vouloir dresser une sorte de hit parade. L’Histoire est vécue subjectivement par chacun de nous. Il en est de même des souvenirs que nous en conservons. C’est ce qui par la suite donne lieu à des débats passionnants, crispants ou décevants.

    Pour moi, Mai 68 a été la dernière tentative révolutionnaire en France et en Europe occidentale. Elle a échoué et je le regrette profondément, car la société actuelle me semble tout sauf satisfaisante. D’énormes inégalités, de l’injustice dans tous les domaines, un conditionnement des êtres humains par les médias et leur propagande, ce qui leur donne beaucoup moins de liberté qu’ils ne le pensent généralement.

    Je vous comprends, Manuel Atreide, quand vous ressentez de la nausée devant la commémoration à haute dose de Mai 68, je ressens le même malaise. Mais de quoi parle-t-on dans les médias ? De quel mai 68 ? Qui invite-t-on dans les débats télévisés ? Toujours les mêmes, ceux qui ont précisément trahi l’esprit de mai et leurs rêves de jeunesse. En fait, et c’est ce qu’on leur demande, ils parlent essentiellement d’eux-mêmes et très peu de l’événement qui sert de prétexte à leur venue sur les plateaux. Ce sont d’anciens combattants qui, comme tous les anciens combattants, radotent et se penchent avec nostalgie sur leur passé envolé, ce que nous faisons tous ou ferons tous plus ou moins.

    Mai 68 est un événement historique indéniable, mais il est surtout le symbole d’un espoir. Vous avez raison, pourquoi ne pas tirer un bilan, c’est toujours utile pour ne pas recommencer les mêmes erreurs ? Par contre, vous vous trompez, Cher Manuel Atreide, notre boulot est encore - et plus que jamais - de vouloir changer la vie, car elle est inacceptable dans ce qu’elle a d’injuste. Vous voulez, vous aussi, que nous expliquions ce que fut notre jeunesse. Et vous ajoutez "Sans slogans". Eh ! bien non, nous ne perdrons pas notre temps à vous raconter ce que furent nos rêves de révoltés. Nous continuerons à l’être et nous inventerons de nouveaux slogans.

    A ce sujet, vous auriez intérêt à jeter un coup d’oeil à un petit bouquin peu médiatisé "Slogans pour les prochaines révolutions" qu’un ancien soixante-huitard, Denis Langlois, vient de faire paraître. Il a certes gardé la nostalgie de ce printemps 68, mais il a tenu à fêter le quarantième anniversaire en imaginant et en écrivant de nouveaux slogans dans l’esprit de mai. Cela donne un résultat souvent marrant, mais surtout galvanisant. Quand on l’a lu et relu, on se sent nettement mieux et on a justement envie d’inscrire un mai 2008 (ou à la rigueur 2009) dans l’Histoire.

    Cher Manuel Atreide, vous me semblez un peu déprimé et un tantinet acariâtre quand vous parlez de pourfendre les thuriféraires (ainsi que les sycophantes à qui mai 68 donne des boutons rouges ou noirs). Je vais vous faire un cadeau qui, je l’espère, vous redonnera le moral. Je vais vous recopier quelques nouveaux slogans de Denis Langlois :

    La révolution fait bander mieux que le Viagra.

    Le grand soir peut encore se lever de bon matin.

    Consummons la société de consommation.

    Tapez révolte sur votre clavier et sortez dans la rue.

    Nous ne laisserons personne au bord de la route, sauf peut-être les cantonniers.

    Soyez réalistes, misez tout sur l’utopie !

    N’ayez jamais rien de périssable dans votre réfrigérateur. Soyez à tout moment disponible pour la révolution.

    Précédons les avant-gardes !

    Avez-vous remarqué que nous sommes nettement plus nombreux qu’eux ?

    Laissez-moi rêver qu’un jour, moi qui ne suis rien, je serai tout.

    En fait, la révolution n’a qu’une couleur : le rouge baiser.

    Que les désirs de nos corps rejoignent les désirs du corps social !

    Investissons les zones révolutionnaires, mais n’oublions pas les zones érogènes.

    Je me révolte, tu te révoltes, donc nous sommes.

    Après 68, comptez 69 et recommencez.

    Faites l’amour, pas les allées du supermarché !

    Abolissons l’ennui !

    Si vous avez du mal à dire non, dites merde !

    Utopisez-vous !

    J’ai oublié, Cher Manuel Atreide, de vous poser la question essentielle : êtes-vous heureux dans la société où vous vivez ?

    Fraternellement.







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