En hollandie, comme dans la vie, la fidélité ne paie pas toujours. Rebsamen connaît si bien son ’François’ qu’il en pressent désormais les mauvais coups. Lorsque Hollande a une mauvaise nouvelle à lui annoncer, il commence par lui répéter au téléphone : ’Je t’embrasse, je t’embrasse, je t’embrasse !’ Le jour où il l’a informé qu’il n’en ferait pas son ministre de l’Intérieur, il l’a même physiquement embrassé sur les deux joues...
Oh, ça suffit maintenant, arrête avec ça !« s’agace Rebsamen quand Hollande prétend de nouveau ’l’embrasser’.
Un tic de langage qui traduit un rare moment de trouble chez un président qui masque si bien ses émotions. ’Il n’a pas d’affect, soupire Rebsamen. Ce type est un galet, je n’en ai jamais vu de comme ça...’ »
(« Frères Ennemis » R. Dély - H. Vernet)
Si quelqu’un fait preuve de tant de duplicité et de cinysme avec des amis de quarante ans de quoi est-il capable avec les gens qu’il ne connaît pas ?
A Saint-Denis, une fracture s’est
ouverte que mon expérience algé-
rienne m’empêche d’ignorer. Elle
se creuse là, le long des trottoirs,
au milieu des rues, au marché le
dimanche et, pourtant, des citoyens
politisés refusent de savoir qu’un
projet de société alternatif, obscurantiste
et communautariste ronge le ciment démocratique
d’une société qu’ils veulent – que
nous voulons tous – plurielle. Cette
cécité volontaire ne heurte pas seulement
mon esprit scientifique ;
elle porte en elle un danger pour
la démocratie et pour l’humanité
entière qu’il est urgent de pointer –
à moins qu’il ne soit déjà trop tard.