En fait je reste plus interessé par la possibilité de discuter la discussion de la démarche que de discuter la démarche elle même Dans les faits, le créationisme n’est pas un problème en soi, c’est un indicateur. Je n’en ai pas grand chose à faire que les gens pensent que le monde a été créé il y a des milliards d’année ou en 1720. La question est donc « est ce que la montée du créationisme révèle un mal plus profond ? ». L’avantage de la théroie de l’évolution est qu’elle apprend à construire un raisonnement sur l’observation. Le risque d’une adoption générale du créationisme est donc la privation d’un mode de raisonement qui a le bon gout de permettre une extension de notre compréhension du monde (par opposition à un mode basé sur la croyance, dont la compréhension du monde n’est pas « extensible »). Cette confusion entre problème sous jacent et indicateur du problème est fréquente, et fait que les efforts sont souvent concentrés sur les mauvais sujets. Un exemple d’actualité : les traders ont des trop gros bonus, donc il faut donc les réduire. C’est une mauvaise réponse, ces bonus ne sont que le symptome d’un mal plus profond, qui est que le système actuel permet une rémunération démesurée des établissement maitrisant les flux financiers.
Le problème de la condamnation du créationisme, c’est qu’elle est opérée par des personnes tout aussi étroites d’esprit que ceux qui le soutienne.... Une illustration rapide, qui repose sur deux postulats qui devrait convenir aux anti créationisme : 1- nous vivons dans un univers entièrement gouverné par les règles de la physique, sans dimension spirituelle, il est a priori complètement modélisation 2- puisque l’univers est gouverné par des règles, nous pourrons un jour simuler cet/d’autres univers (ou en tous cas une civilisation suffisamment avancée le pourrait)
Il serait donc possible de générer de nombreux univers « virtuels » depuis un seul et unique univers réel.
Si cela est le cas, le nombre d’univers « réels » et significativement plus faible que le nombre d’univers « virtuels » (puisqu’un « réel » donne de nombreux « virtuels »). La probabilité de vivre dans un univers virtuel est donc bien supérieure à celle de vivre dans un univers réel. Or cet univers virtuel a été créé de toute pièce dans un état donné par ce qui pourrait facilement tomber dans la définition de « force supérieure ». D’où, le créationisme en soi a une probabilité importante d’être une réalité.
La critique aveugle du créationisme sous prétexte de raisonement scientifique est d’une absurdité sans bornes. Ce qu’il faut savoir critiquer, c’est la démarche, pas la conclusion.