A quand un (grand) sujet sur le mode de scrutin ? A
l’heure du bilan des élections, des analyses de toutes sortes, des
commentaires experts de toutes natures qui évoquent fréquemment les
problèmes de l’expression démocratique, il est surprenant que si peu
d’entre eux remettent en cause le mode scrutin, ou du moins en fassent
le socle des critiques car c’est l’unique geste institutionnel
d’expression de la responsabilité citoyenne possible, essentiel, un
devoir d’une valeur sans égal dans la vie démocratique, dans ses
conséquences politiques, sociales, morales, économiques.
C’est
un débat pourtant trop oublié car changer le mode de scrutin actuel
permettrait de donner du sens au vote de chacun, permettrait de donner
de la valeur à l’expression de l’opinion personnelle et générale en
valorisant fortement la prise en compte de l’expression du vote de
chacun.
En
politique comme ailleurs, l’innovation se produit généralement en
périphérie, chez les outsiders, pas chez ceux qui sont installés aux
meilleures places au cœur du système, et qui tiennent logiquement à
préserver ce privilège. Mais les candidats périphériques, ceux qui
portent ces alternatives politiques, sont aujourd’hui bridés par le vote
utile et peuvent difficilement espérer dépasser 10 à 15% des voix au
1er tour. Ainsi l’adhésion de la population à leurs messages est
fortement sous-estimée, ce qui n’encourage pas les grands partis
dominants à évoluer dans leurs positions, on comprend pourquoi au vu des
effets des élections passées.
Avec
le Vote de Valeur, le vote utile est réduit, les candidats et les idées
nouvelles peuvent enfin atteindre des scores plus élevés, et réellement
influer sur le contenu du programme des partis dominants, pour ainsi
favoriser le déploiement des idées nouvelles et surtout le
renouvellement ; c’est un scrutin plus expressif, sans émiettement,
offrant des résultats plus solides, un vote fidèle à ses opinions, un
vote personnel et cohérent, favorisant le rassemblement et permettant un
renouvellement des élus ...
Depuis
longtemps les modes de scrutins sont étudiés et expérimentés, leurs
qualités et défauts sont débattus, il y a de nombreux travaux de
recherche qui donnent à apprendre sur ce sujet.
Les
expériences précédentes sur les modes de scrutin du type "Vote de
Valeur", comme celle faite en 2007, sont édifiantes et montrent sans
ambiguïté les réels apports de ce mode de scrutin sur de nombreux
aspects, en particulier sur son sens et sa valeur démocratique. La
médiocrité du scrutin actuel est manifeste, et son inadéquation est
connu de tous depuis les élection présidentielle de 2002, mais le statu
quo et le silence sur ce sujet sont presque anormaux si l’on veut bien
se rappeler que l’unique geste institutionnel d’expression de la
responsabilité citoyenne possible, ce geste essentiel, ce “devoir” d’une
valeur sans égal dans la vie démocratique, c’est le vote.