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Giuseppe di Bella di Santa Sofia - AgoraVox le média citoyen

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Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Historien de formation, l’auteur s’intéresse à de multiples domaines et signe ses écrits de son véritable nom. Ses publications et engagements reflètent une conviction profonde : lutter contre la peine de mort et la torture, défendre les droits humains et ceux des animaux, combattre l’antisémitisme, l’homophobie et d’autres formes d’intolérance.
 
Issu d’une ancienne famille de la noblesse italienne, il est conseiller honoraire du secrétariat privé de feu S.M. le roi Norodom Sihanouk du Cambodge (décret royal NS/KRT/0396/14 du 6 mars 1996), figure majeure de l’Histoire du XXe siècle. En janvier 1998, le souverain khmer lui décerna l’ordre royal du Sahametrei, plus haute distinction accordée à un étranger pour services exceptionnels rendus au roi ou au peuple cambodgien.
 
Ancien diplomate, il a côtoyé plusieurs chefs d’État francophones. Récipiendaire de nombreuses décorations étrangères et ordres dynastiques, il est notamment officier de l’ordre du Mérite national de la République du Sénégal, chevalier de justice de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem et chevalier commandeur de l’ordre patriarcal de la Sainte-Croix de Jérusalem.
 
"La plus noble des vertus reste la gentillesse, mais le monde d'aujourd'hui en a fait une faiblesse" (Stéphane Étienne Matha).

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  • Premier article le 02/07/2012
  • Modérateur depuis le 02/08/2012
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Derniers commentaires



  • @mursili,

    Sauter de l’archevêque de 1974 à la situation actuelle à Gaza via un lien YouTube Shorts pour clore un débat d’histoire, c’est ce qu’on appelle une sacrée pirouette. Mais puisque vous tenez absolument à convoquer l’ONU sur le terrain du droit, restons-y.

    Le droit international n’est pas un buffet à volonté où l’on ne choisit que les résolutions qui arrangent son point de vue. Si l’on suit votre logique jusqu’au bout, il faut alors tout prendre :

    Si les rapports de l’ONU ou les procédures devant la Cour internationale de justice (CIJ) ont un poids juridique pour documenter et condamner les actions militaires israéliennes actuelles, alors les résolutions de cette même ONU — qui qualifiaient de terroristes les attentats de l’OLP dans les années 1970 ou qui condamnent aujourd’hui les massacres de civils et les prises d’otages du 7 octobre — ont exactement la même valeur.

    On ne peut pas décréter que l’ONU est la voix de la vérité absolue lorsqu’elle pointe du doigt Israël, et regarder ailleurs lorsqu’elle qualifie de criminels les actes des mouvements armés palestiniens.

    C’est là que réside toute la différence entre la propagande et la méthode historique : l’Histoire ne choisit pas son camp. Elle regarde les faits de 1974 avec la même rigueur que ceux de 2026. Condamner les crimes d’aujourd’hui n’a jamais donné un blanc-seing pour excuser ou effacer les massacres de civils d’hier. Le sang des innocents n’a pas de couleur politique, peu importe l’époque ou le drapeau.



  • @Eric F,

    Votre analyse retrace avec justesse l’engrenage chronologique de ce conflit, et vous avez tout à fait raison de rappeler que l’épisode de 1974 ne sort pas d’un chapeau : il s’inscrit directement dans les bouleversements géopolitiques nés de la guerre des Six Jours en 1967.

    Sur les faits historiques que vous mentionnez, la rigueur impose là encore de regarder les deux faces d’une même pièce :

    En 1948, le départ des populations arabes (la Nakba) a effectivement été provoqué par les combats, la peur et, dans plusieurs localités, par une politique d’expulsion délibérée de la part des forces juives. C’est un fait documenté par les historiens. À l’inverse, cette même période a vu l’expulsion et l’exode forcé de près de 800 000 Juifs des pays arabes voisins, un nettoyage confessionnel dont on parle beaucoup moins mais qui a figé les lignes de fracture.

    Pour 1967, sur l’initiative de l’attaque, la précision historique est cruciale. Si Israël a effectivement déclenché les frappes aériennes préventives le 5 juin, cette opération faisait suite au blocus illégal du détroit de Tiran par l’Égypte, au renvoi des casques bleus de l’ONU par Nasser et au déploiement massif de troupes syriennes et égyptiennes à ses frontières. En droit international, le blocus d’un détroit est un acte de guerre (casus belli). Israël a frappé le premier, mais dans un contexte d’étranglement militaire imminent.

    L’occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est qui a suivi a basculé, au fil des décennies, d’une posture de sécurité à une politique d’annexion de fait par la colonisation. Le terme de « territoires disputés » est effectivement le paravent sémantique utilisé pour s’affranchir du droit international.

    Nous retombons donc sur notre point de convergence : la tragédie de ce conflit réside dans l’accumulation des torts partagés. Mais pour en revenir au sujet de mon article, l’occupation — aussi illégale soit-elle au regard des frontières de 1967 — ne saurait légitimer les méthodes terroristes de l’OLP de l’époque, consistant à poser des bombes dans des espaces civils ou à mitrailler des écoles. Expliquer le contexte de 1974, ce que vous faites très bien, permet de comprendre les motivations de cet archevêque, mais cela n’efface en rien la nature criminelle des actes qu’il a choisi d’appuyer logistiquement.



  • @Eric F,

    C’est une analyse particulièrement juste et historiquement irréprochable. Vous touchez là au cœur de la grande mutation sociopolitique du Proche-Orient sur ces cinquante dernières années.

    L’Histoire a souvent tendance à effacer le fait que le mouvement nationaliste palestinien des années 1970 et 1980, porté par l’OLP, affichait une orientation laïque, marxisante et multiconfessionnelle. Des figures majeures de cette époque, comme George Habache (fondateur du FPLP) ou Nayef Hawatmeh (FDLP), étaient issues de familles chrétiennes. L’exode massif des chrétiens de Palestine, pris en étau entre le conflit et la montée en puissance de l’islam politique — incarné aujourd’hui par le Hamas —, a radicalement transformé la donne démographique et idéologique sur le terrain.

    Quant à la distinction que vous opérez pour la fin de sa vie, elle est essentielle : participer à la flottille du Mavi Marmara en 2010 relevait effectivement du militantisme solidaire et humanitaire, ce qui est fondamentalement différent du transport de mortiers et de dynamite dans le coffre d’une berline officielle en 1974.



  • Bonjour @juluch,

    Merci pour votre commentaire ! C’est vrai que quand on se penche sur cette histoire, on se dit qu’il avait un sacré tempérament, ce prélat... Jouer les transporteurs d’armes pour le Fatah dans une berline officielle, sous le nez des services de sécurité, il fallait quand même oser !

    Vous avez totalement raison : aujourd’hui, le contexte n’a plus rien à voir. En 1974, la diplomatie du Vatican pesait encore assez lourd pour négocier sa sortie de prison au bout de trois ans et l’envoyer finir ses jours tranquillement à Rome. De nos jours, avec le niveau de tension actuel et le passage à la vitesse supérieure de groupes comme le Hamas, un coup pareil ne se réglerait pas du tout de la même manière. On a changé d’époque et de dimension dans la violence.

    Content que l’anecdote vous ait intéressé. C’est exactement pour ce genre de trajectoires historiques hallucinantes et méconnues que j’aime fouiller les archives !



  • @Enki,

    Puisque vous aimez les faits démographiques, vous avez totalement raison sur les chiffres ottomans du XIXe siècle. Le peuplement moderne s’est effectivement fait par vagues d’immigration successives, d’abord d’Europe de l’Est, puis d’Europe centrale. C’est factuel, les archives sont là.

    En revanche, invoquer Arthur Koestler et sa Treizième tribu pour faire des Ashkénazes les descendants exclusifs des Khazars, c’est brandir une thèse historique aujourd’hui totalement infirmée. Koestler était un brillant écrivain, mais la génétique des populations moderne a tranché : les études ADN montrent de manière indiscutable une signature génétique commune et un ancrage moyen-oriental partagé entre Juifs ashkénazes, séfarades et populations locales du Levant. L’histoire n’est pas qu’une affaire de démographie ottomane, elle se lit aussi dans les chromosomes.

    Sur la Cisjordanie, le terme « colonies » (ou settlements) est d’ailleurs le terme officiel employé par le droit international et l’ONU. Là-dessus, le débat sémantique est clos depuis longtemps.

    Quant à votre droit de considérer les monothéismes comme des inventions politiques et religieuses, il est absolu et je le respecte à 100 %. Mais cela confirme ce que je disais : nous avons dérivé très loin de notre archevêque contrebandier de 1974 pour refaire le procès du Proche-Orient. Preuve que le sujet, un demi-siècle plus tard, reste d’une efficacité redoutable pour enflammer les passions.

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