Ursulin, je ne connais pas une seule « vedette de télé » qui aurait lâché la lumière des plateaux pour s’enfermer dans un amphi. Deuxièmement, s’il est vrai, comme vous l’écrivez, que les boursiers ne représentent qu’une minorité chez les étudiants (disons jusqu’au master), c’est totalement faux au niveau du doctorat : 99% de ceux qui sont inscrits en thèse sont accompagnés dans leur effort de recherche par une bourse. Dans notre labo de maths, à Dijon, nous étions les seuls thésards non boursiers. Et pour répondre à votre question de savoir pourquoi cette thèse nous a ruinés, il suffit d’un calcul simple : dix ans de travaux forcés sans la moindre rémunération mettrait n’importe qui sur la paille. Nos thèses ont duré beaucoup plus longtemps que les thèses habituelles. Dix ans. Pourquoi ? parce que Flato (prévoyant la bienveillance de ses collègues) voulait absolument éviter qu’on puisse l’accuser de nous avoir amenés à la thèse « par complaisance » (ce qu’on a malgré tout entendu dire un peu partout). Donc, chaque année, Flato nous demandait de nous réinscrire : il nous a imposé un programme d’apprentissage des mathématiques hors du commun. Certes, après dix ans à ce rythme, on connaissait les groupes quantiques, mais...on s’y est littéralement ruinés. On ne s’en plaint pas : nous étions seuls responsables de notre décision. Mais quand j’entends dire que « les Bogdas sont pétés de tunes » alors que nous n’en n’avons toujours pas fini, à ce jour, avec les dettes accumulées pendant ces dix années de thèse, je remets simplement les choses au point.
@chantecler : vous offrir un squelette n’est pas impossible : il suffit de vous tenir informé sur les ventes publiques. Ce genre de curiosité apparait de temps au temps dans les catalogues et sous le marteau des commissaires priseurs.
@chapoutier : quand je parle d’un débat « public », j’évoque tout simplement la règle admise dans toutes les enceintes universitaires : les soutenances de thèses sont publiques. Et si j’insiste sur l’idée de ce débat « public », c’est bien parce que je pense que même s’il revient à des experts d’en juger le contenu, il n’y a aucune raison d’exclure ceux qui souhaiteraient assister à un tel débat. Il ne s’agit pas d’établir la thèse sur la base d’un débat public mais de permettre à qui voudra d’assister à l’échange entre nous et les experts sur les fondements de nos travaux.
Merci, cher Chantecler, du prix que vous nous offrez. J’aurai pu « replier » votre message (c’est l’expression qu’ils emploient ici pour désigner la suppression d’un commentaire inapproprié) mais je le laisse en place parce qu’il me semble absolument symptomatique de trois attitudes :
1. Celle de la raillerie commode ;
2. Celle du mépris « de principe » envers des gens que vous ne connaissez que par la rumeur ;
3. Celle d’un manque évident de lucidité, d’ouverture d’esprit et de générosité.
Au lieu de faire progresser notre appel au débat, votre commentaire n’est que le nième avatar du discours formaté, « pré pensant » que nous recrache sans cesse la doxa.
@Chapoutier : quelques remarques à propos de ceux que vous appelez les « experts » du CNRS :
1. Contrairement à ce qui est apparu dans la presse, les « experts » auquel la journaliste de Marianne a attribué ce pseudo rapport n’ont jamais été identifiés comme tels : comme nous l’avons soupçonné dès que nous en avons eu connaissance, le document frauduleusement livré à la journaliste et illégalement publié est un document anonyme, non signé, non paraphé, non daté : l’enquête a établi que rien, à ce jour, ne peut attester de son authenticité.
2. Dès lors, les conclusions de ce que vous appelez les « experts du CNRS » sont nulles et non avenues : il s’agit du n !ème coup tordu lancés dans notre dos par des individus qui n’ont pas le courage d’établir un débat scientifique dans les règles.
3. Si nous n’étions pas certains de parvenir à mobiliser les arguments scientifiques de nature à convaincre un auditoire sérieux, nous n’aurions jamais pris le risque de demander un débat public dans les règles : reste aux scientifiques à montrer qu’ils ont l’honnêteté et le courage de regarder les choses en face.