l’article que j’ai proposé depuis maintenant deux jours ne passant toujours pas la barrière de la sélection Agoravox, c’est avec plaisir que je constate qu’il existe un article publié aujourd’hui défendant un point de vue proche du mien.
Qu’appelle-t-on au juste une agence dite de notation ?
S’agit-il là d’un organisme indépendant de tout pouvoir (en existe t-il ?), un organisme public indépendant des Etats et des compagnies privées et qui s’exprimerait objectivement ? Perdu ! C’est tout le contraire, ce sont précisément des organismes dont les organes de direction sont l’émanation directe des grandes multinationales américaines et britanniques. Prenons précisément l’exemple de la bien nommée « S&Ps ». Qu’apprenons-nous ? Que l’agence est une émanation de McGraw-Hill, une société dont le Conseil d’Administration regroupe des personnalités issues de compagnies pharmaceutiques (Eli Lilly), de compagnies de « boissons » (Coca Cola), de compagnies d’assurance (State Farm Insurance Companies), ou encore de banques privées (Lloyds Banking Group), cette dernière étant l’une des plus grosses banques britanniques (est-ce utile de rappeler que le Royaume-Uni n’a pas intégré la zone euro ?).
Autant dire que ces agences de notation ne sont nullement fondées à donner leur avis, et encore moins à attribuer une notation, étant donné les conflits d’intérêt que cette dernière peut entrainer, ouvrant alors la voie à des spéculations possibles à la hausse ou à la baisse sur tel ou tel pays, selon les intérêts de l’oligarchie, voire même selon le degré d’ « insoumission » de tel ou tel état à cette oligarchie et qu’il s’agirait de châtier. Mais ne nous y trompons pas, les élus des différents pays d’Europe ne voient pas d’un mauvais oeil ces agences qui peuvent décider de la pluie ou du beau temps sur nos économies. Quoi de plus opportun que de se ranger derrière les avis de ces « agences de notation » pour décider de mesures d’austérité qui apparaitraient autrement impopulaires ? « Attention chers Français, il faudra se serrer la ceinture, ce n’est pas moi Premier Ministre de la France qui le dit, mais une agence de notation qui nous le commande. » Ou comment fractionner le pouvoir de manière à rendre des mesures impopulaires comme étant une nécessité absolue. Ajoutez à celà que cela permet entre autre (ou plutôt avant tout) à certains gros conglomérats financiers anglo-américains, parmi lesquels ceux cités plus haut, d’infléchir directement les politiques publiques des états européens dans un sens qui leur est favorable. Il ne s’agit rien de moins que l’émergence d’un régime oligarchique où quelques groupes financiers et industriels omnipotents prennent le pouvoir, dont le processus nous est voilé et légitimé par une masquarade : une apparente démocratie, démocratie en vérité totalement bafouée mais qui sert de justification à cette sournoise prise de contrôle des principaux centres décisionnaires, et tout ceci sous le nez d’élus complaisants qui deviennent les porte-voix de leurs maîtres.
Partant de là, de savoir que Coca-Cola ou Loyds Banking Group nous attribuent un AAA ou un AA+, voilà qui ne devrait nullement nous précoccuper. Ces agences de spéculation (excusez le lapsus, je voulais dire « de notation ») peuvent même si ça les amuse nous affubler d’un triple Z (ZZZ). Si nous comprenons qu’elles ne représentent rien d’autres que leur propre logique, alors leur notation deviendra inopérante, nulle et non avenue. Sur ce ZZZ, je ne dirai qu’une chose : Réveillez-vous.