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  • l4bjteyqbg45iht 28 janvier 2009 12:38

    N’est-ce pas une façon pour la culture occidentale de dominer les autres peuples que de proclamer l’universalité des droits de l’homme ?

    La théorie des droits de l’homme se donne comme une théorie valable en tous temps et en tous lieux, c’est-à-dire comme une théorie universelle. Cette théorie est pourtant historiquement datée et géographiquement située : elle est un produit de la pensée des Lumières et appartient, comme telle, à l’horizon spécifique de la modernité occidentale. Il y a donc contradiction entre la contigence historique qui a présidé à son élaboration et sa prétention à l’universalité. C’est la raison pour laquelle la diffusion planétaire de cette idéologie est si fréquemment perçue comme une nouvelle forme d’acculturation, en particulier dans les sociétés traditionnelles, où l’individu en soi n’est tout simplement pas représentable et où la pensée morale de base est celle des devoirs qu’on a envers autrui, non celle des droits qu’on pourrait lui opposer.

    A une époque où la diversité culturelle et humaine est bien la dernière chose dont se soucient les maîtres de la planète, l’idéologie des droits renoue ainsi subrepticement avec d’anciens discours de domination. Accompagnant l’extension planétaire du marché, elle lui fournit l’habillage « humanitaire » dont celle-ci a besoin. Ce n’est plus au nom de la « vraie foi », de la « civilisation », du « progrès », voire du « lourd fardeau de l’homme blanc », que l’Occident se croit fondé à régenter les pratiques sociales et culturelles existantes dans le monde, mais au nom de la morale incarnée par le droit. L’affirmation de l’universalité des droits de l’homme ne représente rien d’autre, de ce point de vue, que la conviction que des valeurs particulières, celles de la civilisation occidentale moderne, sont des valeurs supérieures qui doivent s’imposer partout. Alors même que

    l’Occident prétend aujourd’hui donner dans la « repentance », le discours des droits lui permet une fois de plus de s’ériger en juge moral du genre humain.

    Les droits de l’homme tendent-ils à la justice ou au despotisme ?

    Ils tendent à créer un despotisme d’un type nouveau : le despotisme au nom du Bien. Ce n’est sans doute pas un hasard si la société qui a affirmé avec le plus de force les droits de l’individu est aussi celle qui a concrètement mis en place les mécanismes de conditionnement et d’hétéronomie collective les plus pesants. A l’échelle mondiale, la transformation du droit international sous l’effet de l’idéologie des droits de l’homme ne permet pas aux faibles de mieux faire face aux puissants, mais fournit aux puissants un prétexte pour agresser les faibles qui les gênent. C’est ce que l’on voit aujourd’hui en Irak. A l’intérieur de nos sociétés, l’idéologie des droits de l’homme permet d’instaurer peu à peu, en toute bonne conscience, une société de surveillance généralisée tout en favorisant la colonisation de l’imaginaire par les valeurs marchandes et la seule logique du profit. Ainsi se trouve réalisée cette double polarité de la morale et de l’économie que Carl Schmitt a pu définir comme une malédiction de notre temps. La défense des libertés n’en est qu’une plus urgente nécessité. Je ne suis pas de ces adversaires de l’idéologie des droits de l’homme qui condamnent l’objectif qu’elle prétend (à tort) atteindre, en clair qui ne s’attaquent à cette idéologie que parce qu’ils ont le goût de l’arbitraire ou la nostalgie de l’absolutisme. Dans mon livre, j’essaie de montrer pourquoi l’idéologie des droits de l’homme ne peut efficacement défendre les libertés concrètes, et je donne plusieurs exemples de manières d’agir autrement. La lutte contre le despotisme et la défense des libertés sont pour moi un problème politique, qui ne peut être résolu que politiquement.

    http://www.alaindebenoist.com/pdf/entretien_sur_les_droits_de_l_homme.pdf







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