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Mango

Mango

Enseignante spécialisée (handicap mental), et avant ça : lycéenne (philo, lettres), caissière, auto-stoppeuse, vendeuse de sandwichs dans le métro, serveuse, secrétaire de direction, assistante dentaire, tour opérator, chef d’entreprise, assistante de tourisme, monitrice d’auto-école... et accessoirement : mère de famille nombreuse, épouse, ex-épouse, maîtresse, comptable, blanchisseuse, intendante, cuisinière, éducatrice, dresseuse d’animaux, femme de ménage, juriste, diététicienne, esthéticienne, premiers secours, amie de toujours, bonne copine, amie de toujours qui accueille les bonnes copines... Tout ce qu’une femme se doit de faire sans faillir, et aussi : diplomate (par nécessité), polyglotte (par don), aventurière et provocatrice (par goût). Humaniste (par "naïveté" ???). En tous les cas, VIVANTE (par curiosité).

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Derniers commentaires



  • Mango Mango 18 mars 2008 20:22

    Je vais sans doute me faire sévèrement remettre à ma place, mais très honnêtement, et très sincèrement, et très laïquement, je considère que mon corps ne m’appartient pas.

    Pourquoi ?

    Parce que nourrisson je dépends de ma mère. Et c’est ça qui me construit, et qui construit ma mère.

    Parce qu’enfant, je dois "faire avec", m’accomoder du fait d’être "trop grand", "trop petit", "trop gros", "trop maigre", "trop noir", "trop blanc", et accessoirement, laid, beau, bigleux, handicapé, pauvre, riche... Et c’est ça qui me construit, et qui construit mes camarades.

    Parce qu’ado je me transforme et je dois imposer aux autres ce que je deviens : un homme ou une femme qui sera reconnu(e) en fonction de la force, des talents, des objectifs que j’investis... Je me construis moi-même et je commence à construire la société qui sera bientôt dépendante de "MOI".

    Parce qu’adulte en bonne santé, je suis responsable de tout et de tous, je n’ai droit à aucune faiblesse, je me construis et je construis les générations futures à force de volonté, de travail et d’exemplarité.

    Parce que vieillisant, bavant, pissant, chiant sur moi, défiguré, souffrant, délirant, je n’ai aucune raison d’en avoir honte, ayant franchi victorieusement toutes les autres étapes, ma souffrance, mon délire, ma "déchéance" ne sont qu’ humains... Et construisent l’humanité.

    De quel droit réclamons nous une mort "digne" ?

    La mort n’est pas "digne" !

    La mort est crade, dégradante, plus ou moins douloureuse, et ramène à ce que nous sommes  : faillibles, matériels, biodégradables...

    En celà, elle instruit les générations futures en leur transmettant l’urgence de l’action tant qu’il en est temps.

    La mort douce, quand on veut, comme on veut... Non, trop facile... Et ça n’apprend rien à ceux qui suivent, à part : "Quand c’est trop dur, prends un truc".

    Et après, on parle de "toxicomanie"...

    Moi, je veux crever salement, devant tout le monde et les miens, ou toute seule, à la maison ou à l’hosto, rien à faire pourvu que ça leur foute un choc, un coup de pied au cul pour se bouger ici et maintenant, en souvenir de ce que j’ai fait et de ce ce que j’ai été.

    Quelle prétention que de vouloir une mort "digne" !

     

     

     

     



  • Mango Mango 15 mars 2008 19:30

    Pour ce qui est d’immobiiser un enfant qui se met en danger ou met e daner les autres, je me suis déjà expliquée avec des parents, et jusqu’à ce jour, aucun n’a jugé préférable pour son enfant que je le laisse se jeter par la fenêtre ou fracasser la tête d’un camarade à coups de chaise.

    Il faut dire qu’avant de nous arriver, les enfants que nous accueillons ont été exclus de nombreux établissements dits "ordinaires".

    Quant à la dimension affective, elle ne saurait être totalement exclue de la relation entre maître et élève et elle est particulièrement forte avec des enfants en grande difficulté, parfois privés de famille.

    Il ne s’agit évidemment pas de la repousser, mais de ne pas en rendre les enfants - et soi même !" dépendants. Ici encore, il est de notre responsabilité de gérer, en aidant l’enfant, les parents les éducateurs, à trouver leurs places respectives...

    Oui, drôle de métier...



  • Mango Mango 15 mars 2008 19:16

    Ce que voulais dire, c’est qu’il y a une différence entre la loi et les règlements. Les règlements se rapportent à des lieux et à de personnes, alors que la loi s’impose à tous et en tout lieu. On doit le rappeler en toutes occasions, et l’adulte en est garant. En revanche, on peut effectivement concevoir les règlements avec les enfants, les faire évoluer,les aménager, mais la loi n’est ni aménageable, ni négociable.

    Merci pour votre intervention qui apportede nombreuses précisions, et effectivement, vous avez raison : une formation d’enseignant n’est jamais complète, comme celle de parent d’ailleurs !



  • Mango Mango 15 mars 2008 11:29

    Pour être en capacité de régler le problème de la violence à l’école, il est indispensable d’ être au clair avec les points suivants :

    1. La Loi, elle existe et elle est la même pour tous, enfants ou adultes, dans l’école et à l’extérieur : les violences physiques et verbales sont interdites, et par le fait intolérables, non négociables, condamnables et sanctionnables. Point. Répondre à la violence par la violence c’est envoyer le message suivant : "c’est la loi du plus fort : le jour où tu seras plus fort que moi, tu pourras me taper dessus". C’est totalement irresponsable.

    2. Pour autant, en tant qu’adulte, enseignants ou pas, notre premier devoir est la PROTECTION des enfants qui nous sont confiés ou que nous côtoyons. Il est donc de notre de devoir de signaler les cas de violences et de maltraitances constatées , et c’est aussi notre devoir d’intervenir, physiquement au besoin, pour protéger un enfant menacé par un autre dans son intégrité morale ou physique.

    Ainsi, il n’est pas du tout interdit d’immobiliser un enfant et de le contenir physiquement, en usant s’il le faut de la clef au bras ou de la technique dite de la "camisole" - maintien de la personne par les poignets, contre soi, bras croisés et qui permet à l’intervenant d’attendre sans trop d’efforts la fin de la "crise", mais comporte le risque de bleus aux tibias par ruades et de chocs au menton par coups de tête. Il vaut mieux, si l’on dispose d’une chaise ou d’un banc, s’efforcer d’y asseoir l’énervé avant d’appliquer cette technique. C’est dommage que je ne puisse pas faire un croquis !-.

    Non seulement ce n’est pas interdit, maisc’est même chaudement recommandé, car ne pas intervenir alors qu’un enfant est mis en danger en votre présence, c’est de la "non assistance à personne en danger", et que je sache, ça aussi , ça tombe sous le coup de la loi.

    3. En tant que parent et enseignante spécialisée, je n’ai encore rien trouvé de mieux comme méthode éducative que la bienveillance (refuser les préjugés, se méfier des a priori, des premières impressions), l’exemplarité (se soumettre soi-même à la loi), la rigueur (sanctionner quand il le faut et "tenir" bon sur la sanction), et surtout la coopération entre tous les acteurs de cette éducation. Ce dernier point peut aller de soi entre adultes qui partagent des valeurs similaires, une même culture, issus du même milieu, mais demande beaucoup de temps et de patience pour se construire avec des personnes en rupture sociale.

    Or, pour coopérer, il est indispensable de commencer par gagner la confiance de l’autre, et ça ne peut se faire que par l’écoute et le respect : dans la pire des familles, il y a TOUJOURS quelque chose à valoriser, à promouvoir, afin d’instaurer la confiance et tenter de renouer le dialogue.

    4. L’agressivité et la violence sont inhérentes à la nature humaine : nos enfants ne sont pas des anges. Les éduquer, ce n’est pas inhiber cette violence et cette agressivité en les brimant ou en leur faisant honte, c’est les aider à les exprimer par un biais socialement acceptable- sports, arts...-, et surtout, leur apprendre à les gérer et à les maîtriser.

    En 15 ans d’enseignement avec des enfants caractériels, je n’ai pu que constater qu’un enfant incapable de maîtriser son agressivité et sa violence est TOUJOURS un enfant qui souffre, se culpabilise, se déteste, qui a besoin d’aide, de soutien. L’exclusion temporaire peut être une solution lorsque l’enfant présente un réel danger pour les autres, mais se contenter d’exclure sans qu’il y ait par ailleurs un accompagnement, c’est aussi de la non-assistance à personne en danger : soit l’enfant deviendra encore plus violent, incapable de gérer sa rage, avide de vengeance, soit on aura réussi à le "casser" et il finira par retourner sa violence contre lui-même - auto mutilation, alcoolisme, toxicomanie, suicide-.

    5. Les dispositifs de sanction, d’aide et d’intervention existent en pareil cas. Si les parents et les enseignants ont épuisés tous les recours sans succès, ils peuvent ensemble, appuyés par les syndicats d’une part et les associations de parents d’autre part, engager une action protestataire : blocage de l’école, par exemple... Jusqu’à ce qu’ils soient entendus.

    6. Enfin, concernant la famille soupçonnée de maltraîtance, il ne reste malheureusement plus qu’à laisser la justice suivre son cours. Votre indignation est certes compréhensible, s’agissant d’amis proches, mais on ne saurait à la fois en appeler à la justice et refuser de s’ y soumettre. S’il est évident pour vous que les déclarations de l’enfant sont exagérées ou infondées, comprenez bien que ce n’est pas le cas pour un médecin qui, dans l’exercice de sa profession, est tenu de signaler toute suspicion de maltraîtance. Et malheureusement, l’argument de la famille "normale" ne tient pas : la violence domestique est, hélas, présente dans toutes les couches de la société. Simplement, elle est moins visible en pavillon ou en hôtel particulier qu’en HLM.

    Enfin, rassurez-vous : en matière de protection de l’enfance, les juges sont loin d’ être des briseurs de familles ! Quand nous voyons au quotidien quelles difficultés nous rencontrons pour soustraire, même temporairement, un enfant à une famille dans laquelle il court de réels dangers, parfois vitaux, ça m’étonnerait que ’on donne suite à cette histoire pour une fessée ou une paire de claques.

    Ceci dit, je reste persuadée qu’il existe des moyens plus adaptés pour sanctionner un enfant que les coups. Et pourtant, comme tout le monde, il m’est arrivé de ne pas pouvoir retenir la claque : 3 fois en tout en 22 ans de maternité, 3 enfants et 15 ans d’enseignement. J’en ai ressenti un tel malaise que je suis encore submergée par la honte à chaque fois que je m’en souviens.

    Les 3 enfants que j’ai "claqués" ont beaucoup pleuré : pas à cause du coup, car malgré l’exaspération qui fait partir la main, j’ai eu le temps de maîtriser le geste avant l’arrivée sur la joue. Pas même une petite trace rouge. Mais la douleur de la surprise, de l’humiliation... La peur panique de ne plus être aimé. C’était terrible. Je m’en veux encore aujourd’hui, et pourtant nous en avons parlé, nous nous sommes exliqués, nous avons dit à quel point nous étions désolés, les uns d’avoir poussé à bout, et moi d’avoir cédé à la provocation, nous nous sommes pardonnés mutuellement, mais je persiste à croire que je suis inexcusable d’être passée à l’acte.

    Non, décidément non : il n’est pas "normal" de distribuer des claques ou des taloches. Que ça arrive, oui, mais que les adultes que nous sommes aient au moins l’honnêteté de reconnaître que c’est, en fait, un aveu d’impuissance, une faiblesse.



  • Mango Mango 13 mars 2008 21:06

    Bon petit article bien ficelé.

    Allez, les jeunes ! Imposez -vous.

    Et bon courage.

    Moi, parfois, je fatigue... Et ça me fait bougrement plaisir de voir qu’il y a de la relève.

    Finalement, vos profs n’étaient pas si nuls qu’ il est convenu de dire par les temps qui courent : vous en êtes la preuve.

    Critique pertinente, sans acharnement ni dénigrement. Interrogations bienvenues. Un régal.

    Merci

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