Merci à l’auteur pour ce témoignage, je l’ai reconnue à son histoire ... et merci d’avoir mis le lien vers notre blog par la même occasion. Je me présente : maman française d’Erwin et d’Astrid, je me bats depuis leur « disparition légale » en Allemagne, il y a 14 mois. Tant pour les revoir que pour aider les autres parents dans la même situation (ou presque) que moi.
J’aimerais confirmer ce que j’ai lu ici, tant dans l’histoire relatée que dans les commentaires, mais quelques précisions et corrections me semblent également utiles.
Tout d’abord, le motif de la discrimination systématique du parent non-allemand :
si la mentalité allemande se contente d’un seul parent pour élever un enfant, c’est en grande partie parce qu’un parent seul est plus facile à contrôler que deux parents, même séparés. Le but de l’état allemand est de contrôler l’éducation de tout enfant résidant sur le sol allemand, car il le considère comme sa propriété. Cela explique pourquoi, par exemple, l’école par correspondance est interdite et sévèrement punie (pas de contrôle sur l’enfant par l’école). Ou pourquoi les visites médicales obligatoires sont si nombreuses (j’ai eu une fois une semaine de retard sur le planning et j’ai reçu un courrier du ministère de la santé me rappelant à l’ordre, avec menaces d’intervenir « pour le bien de l’enfant (Kindeswohl) » si je ne m’exécutais pas...). Cela explique aussi pourquoi la loi protège les femmes non-mariées, en refusant l’autorité parentale au père, même allemand, plus facile à évincer en cas de séparation (beaucoup plus fréquentes que chez les couples mariés.)
Donc, l’état voulant contrôler l’enfant qu’il considère comme sa propriété, ne va pas le confier à un parent étranger, qui représente à ses yeux un risque d’enlèvement vers son pays d’origine. Non que vivre avec sa maman française en France ou son papa polonais en Pologne soit mauvais pour un enfant en soi, mais que d’après la loi allemande, un enfant ne doit pas sortir du territoire allemand. Car hors d’Allemagne, point de contrôle... Autrement dit, quand on vous parle en Allemagne du bien de l’enfant (Kindeswohl), il ne s’agit pas du tout de l’intérêt supérieur de l’enfant tel que nous le connaissons en Europe, mais bien de l’intérêt de tout enfant allemand en Allemagne : être allemand, en Allemagne. Cela permet de comprendre bien des décisions de justice incompréhensibles autrement...
Le conseil de Nikita peut servir uniquement pour les parents qui ne sont pas séparés, ou qui n’ont JAMAIS donné aucun signe de vouloir rentrer en France. A partir du moment où un parent non-allemand parle de quitter l’Allemagne avec ses enfants, il est fiché au Jugendamt, et RIEN ne peut éviter qu’on lui retire tôt ou tard la garde des ses enfants, sauf le soutien des autorités françaises. C’est le cas de MilleFeuille, et c’est pourquoi nous travaillons à lui obtenir ce soutien du consulat. Mais il faudrait faire beaucoup plus de bruit dans les médias pour être sûrs d’y parvenir... c’est pourquoi nous organisons régulièrement des stands d’information que nous relayons dans la presse locale.
Ensuite, j’aimerais préciser que les deux associations citées n’existent pas réellement :
- SOS enlèvement international d’enfants a disparu depuis des années, même son site n’est plus accessible sur internet.
- le CEED, quoique jamais dissolu, n’est en tout et pour tout qu’un seul homme (les autres membres fondateurs se sont retirés petit à petit), qui prétend tout diriger dans les affaires qui se présentent à lui, parce qu’il connaît les méthodes familiales allemandes. Il profite du travail et des largesses des parents victimes qui l’entourent, puis les dénigre lorsqu’ils tentent de s’organiser ensemble, craignant sans doute la concurrence (au lieu de profiter de ces « renforts »), et au bout du compte, reste seul avec les derniers arrivés dans son cercle très restreint sans cesse renouvelé. En 10 ans, s’il a pu conseiller quelques parents non-séparés pour quitter l’Allemagne avant qu’il ne soit trop tard, il reste très vague sur le nombre d’enfants qu’il a pu réunir définitivement avec son parent non-allemand, sans léser le parent allemand. Je n’ai, pour ma part, jamais pu lui faire citer un seul cas... Car s’il dénonce très bien certains problèmes, il n’y apporte pas de réelle solution, puisqu’il refuse de travailler avec les autres, tant les parent victimes que ceux qui les soutiennent (médias, parlementaires, associations, etc.). Alors je conseille aux parents victimes d’être très prudents, ils risqueraient de voir leur affaire empirer pour devenir sensationnelle et choquante, prouvant les dires du CEED, mais perdant toute chance de garder ou de revoir leurs enfants...
Enfin, j’aimerais lancer un appel à tous les parents non-allemands victimes du système familial allemand, incluant les juges, les avocats, le Jugendamt, la police, les écoles, les médecins, les associations dites caritatives (sous contrôle de l’état : Caritas, Diakonie, AWO, etc.) : l’association Erwin et Astrid (en cours de transformation afin de défendre TOUS les cas similaires à celui de mes deux enfants, retirés à leur mère sans autre motif que ma nationalité française) recense tous les « cas » afin de démontrer publiquement ces méthodes inacceptables au sein de l’Europe, et d’obtenir enfin le soutien du gouvernement français pour sauver les enfants pour qui il n’est pas trop tard (et leur famille !).
Merci d’envoyer votre témoignage à [email protected], même si votre histoire est ancienne, elle peut aider d’autres parents à revoir leurs enfants. Tout témoignage est utile, même anonyme ! Vous aiderez ainsi MilleFeuille à rentrer librement en France avec son petit garçon, de nombreuses autres mamans dans sa situation, celles qui ont déjà perdu tout contact avec leurs enfants, et bien sûr aussi les très nombreux papas qui se battent pour maintenir un contact avec leurs enfants en Allemagne, pour les mêmes motifs...