Raul annonce des premières mesures pour les prochaines semaines
Dans son discours de clôture de la session, le nouveau président du Conseil d’État et du Conseil des ministres a déclaré : « Le mandat du peuple à cette législature est clair : continuer de consolider la Révolution dans un moment historique qui nous exige d’être à la fois dialectiques et imaginatifs, comme nous l’a demandé le camarade Fidel Castro dans son importante réflexion du 14 janvier ».
Raul a ensuite fait allusion aux expectatives qui se sont créés, à Cuba comme à l’étranger, autour de la composition du Conseil d’État que vient d’élire l’Assemblée. « La principale incertitude a été dissipée par le camarade Fidel dans son message du 18 février. Je peux ajouter à ce qu’il a exprimé, que je remercie notre peuple, au nom de la direction de la Révolution, pour les innombrables témoignages de sérénité, de maturité, de confiance, ainsi que la conjugaison de sentiments authentiques de tristesse et de fermeté révolutionnaire ».
« J’assume la responsabilité qui m’a été confiée avec la conviction, comme je l’ai maintes fois répété, que le commandant en chef de la Révolution est unique. Fidel est Fidel, comme nous le savons bien, Fidel est irremplaçable et le peuple poursuivra son œuvre quand il ne sera plus physiquement présent. Cependant, ses idées seront éternellement présentes, ses idées qui nous ont permis d’élever le bastion de dignité et de justice que représente notre pays. Seul le Parti communiste, garant de l’unité de la nation cubaine, peut être le digne héritier de la confiance que le peuple a mise en son leader. Le Parti est la force dirigeante supérieure de la société et de l’État, comme l’établit le chapitre 5 de notre Constitution, adoptée en référendum par exactement 97,7% des votants. Cette conviction revêtira une importance particulière lorsque, en vertu d’une loi naturelle de la vie, la génération qui a fondé et forgé la Révolution ne sera plus », a-t-il dit.
Plus loin, Raul a demandé l’autorisation à l’Assemblée en sa qualité d’organe suprême, de consulter avec le leader de la Révolution, le camarade Fidel Castro, les décisions d’importance spéciale pour l’avenir de la nation, surtout celles liées à la défense, à la politique extérieure et au développement social et économique du pays.
Même si la standing ovation qu’a entraîné cette demande a confirmé l’adoption d’une telle proposition, celle-ci, comme il est stipulé par la loi, a été soumise au vote.
« Nous nous devons d’être plus efficaces dans la gestion de notre gouvernement », a dit Raul Castro plus loin.
Il a annoncé qu’en vertu de l’article 75 de la Constitution, l’Assemblée avait décidé de considérer question de la composition du gouvernement lors d’une prochaine session, ce qu’il a qualifié de « décision sage et opportune, car il ne s’agit pas uniquement de nominations, mais de déterminer les changements qui doivent être introduits dans le système d’organismes de l’administration centrale de l’État, ce qui demande un peu plus de temps ».
Raul a fait remarquer que le panorama national et international a considérablement changé, si bien qu’à l’heure actuelle il nous faut une structure plus compacte et fonctionnelle, avec un nombre plus restreint d’organismes de l’administration centrale de l’État et une meilleure distribution des fonctions qu’ils doivent remplir.
Il a expliqué que ce pas permettra de diminuer l’énorme quantité de réunions, coordinations, autorisations, conciliations, dispositions, règlements, circulaires, etc., et de concentrer certaines activités économiques décisives qui aujourd’hui sont dispersées dans plusieurs organismes, ainsi que de procéder à une meilleure utilisation des cadres.
« En résumé, il nous faut rendre plus efficiente la gestion de notre gouvernement », a-t-il souligné.
Faisant allusion aux échanges d’opinions divergentes provoquées par son discours du 26 juillet à Camagüey, il a signalé : « Il ne faut pas avoir peur des divergences dans une société comme la nôtre, au sein de laquelle il n’existe pas de contradictions antagoniques, où les classes sociales qui la composent ne sont pas antagoniques. Des échanges de vues divergents et approfondies naissent les meilleures solutions si on est mu par des objectifs sains et les critères sont versés avec responsabilité ».
« Les devins internationaux de la mort de la Révolution ont essayé de tirer profit des critiques suscitées pendant l’étude et la réflexion de mon discours du 26 juillet à Camagüey, sans comprendre qu’il s’agissait d’un débat critique au sein du socialisme. C’est ce qu’ont largement confirmé, quelques mois plus tard, les résultats de nos élections qui se sont achevées le 20 janvier.
Il a signalé que « nous avons pris note des déclarations offensives et ouvertement ingérencistes de l’empire et de certains de leurs plus proches alliés. Comme il fallait s’y attendre, le Département d’État s’est hâté d’annoncer la poursuite du blocus, conformément à la politique de l’actuelle administration. D’autres, avec des propos plus nuancés persistent à conditionner les relations avec Cuba à un processus de « transition » destiné à détruire l’œuvre de tant d’années de lutte. Comme ils connaissent mal notre peuple, si fier de sa pleine indépendance et de sa pleine souveraineté ! ».
En ce qui concerne les difficultés internes que traverse le pays, Raul a précisé que les priorités et le rythme des solutions dépendront des ressources disponibles et de l’analyse approfondie, rationnelle et collégiale à laquelle procèderont les organes compétents du Parti, de l’État et du gouvernement. « Il y a des questions dont l’analyse demande du temps, car une erreur provoquée par l’improvisation, la superficialité ou la précipitation pourrait avoir des conséquences négatives considérables », a-t-il dit.
Il a insisté sur l’importance de la discipline et sur le fait que la priorité sera axée sur la satisfaction des besoins élémentaires de la population, des besoins aussi bien matériels que spirituels, en accord avec le renforcement soutenu de l’économie nationale et de sa base productive.
« Nous allons également étudier le phénomène de la double monnaie dans l’économie. Afin d’éviter les effets traumatisants et les incongruités, il faut avoir une perspective intégrale et tenir compte, entre autres facteurs, du système des salaires, des prix du détail, des gratuités et des subsides millionnaires qu’impliquent actuellement de nombreux services et produits distribués d’une manière égalitaire, comme ceux de la carte de rationnement qui dans les conditions actuelles de notre économie sont irrationnels et insoutenables.
« J’ai parlé en décembre de l’excès de prohibitions et de régulations, et dans les prochaines semaines nous commenceront à éliminer les plus simples. Au début, beaucoup d’entre elles avaient pour but d’éviter l’apparition de nouvelles inégalités, à un moment de pénurie généralisée.
Même si cela peut paraître simple, la suppression d’autres régulations prendra encore du temps car elle demande une étude intégrale et des changements de certaines normatives juridiques, et certaines d’entre elles ont été adoptées en réponse aux mesures prises contre notre pays par les différentes administrations des Etats-Unis », a signalé Raul Castro.
Le documentaire Coup d’État contre Chavez (Arte, 2004) ou The revolution will not be televised ou encore Chávez, the film, réalisé par Kim Bartley et Donnacha O’Briain, a été tourné alors que les deux réalisatrices préparaient un documentaire sur le président Hugo Chávez au Venezuela. Elles se trouvaient à l’intérieur du palais présidentiel quand fut déclenché, le 11 avril 2002, le coup d’État conduit par les propriétaires des chaînes privées, les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi qu’une poignée de dirigeants militaires avec le soutien, entre autres, des États-Unis, de l’Espagne, de la Colombie et du Salvador. Le film présente la chronologie du putsch et la mobilisation des millions de Vénézuéliens qui entraina le retour au pouvoir d’Hugo Chávez 48 h après le début du coup, grâce à la garde présidentielle.
Ce documentaire a obtenu, entre autres, deux prix au Grierson documentary awards anglais en 2003.
Chavez (MVR) est élu en 1998 dès le premier tour avec 57 % des voix, en 2000 avec 59,5% des voix (et en 2006 avec 63 % voix toujours dès le ... Tout » premier tour) Le 12 avril 2002, un coup d’État est organisé contre le Parlement élu et la coalition au pouvoir(MVR,Podemos,PPT,MEP,PCV). Il est préparé par les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi que par des dirigeants militaires, avec la complicité des propriétaires des chaînes privées de télévision et de l’ambassade des États-Unis à Caracas. Une manifestation de l’opposition organisée et fomentée par les médias privés se dirige vers le palais présidentiel de Miraflores. Au niveau du pont "Llaguno", de mystérieux snipers postés sur les édifices alentours ouvrent le feu sur la foule, faisant 15 morts tant du coté de l’opposition que du coté des partisans de Chavez. Dans la soirée, un groupe de militaires demande à Hugo Chávez de démissionner, mais il refuse. Cependant Chavez accepte de quitter Miraflores suite à un ultimatum du commandement militaire putchiste menaçant de faire exploser le batiment avec tout le personnel à l’intérieur. Hugo Chávez est arrêté et emmené dans un lieu secret et un nouveau gouvernement autoproclamé est mis en place. Pedro Carmona, président de la chambre de commerce du Venezuela, en prend la tête. Il a été reçu, quelques temps auparavant, à la Maison Blanche et par le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar. Quelques États, notamment les États-Unis et l’Espagne, reconnaissent le nouveau régime, en poussant leur ambassadeur respectif à se rendre auprès de Pedro Carmona. Le lendemain, malgré un ’black out’ médiatique établi par les putschistes en place, a lieu une manifestation massive de la population de Caracas. La junte militaire en place y répond par une répression policière féroce faisant 60 morts et plus de 300 blessés. Malgré tout Carmona est renversé par la puissance du mouvement populaire, et le vice-président Diosdado Cabello assume l’intérim de la présidence, jusqu’à ce qu’Hugo Chávez soit localisé, puis libéré. Ces événements sont filmés par des journalistes d’une chaîne irlandaise Radio Telifís Éireann, qui étaient sur place pour tourner un reportage sur le programme d’Hugo Chávez.
Les FARC, Ingrid Bétancourt, Hugo Chavez, des informations traitées par des médias orientés... Au final, qu’en est-il réellement des FARC ?
Une fois n’est pas coutume, cet article n’est pas dû à nos fines équipes, c’est une citation brute. Nous avons reçu ce texte (écrit sur un coup de sang, au fil de la plume, dit-il) de notre ami Claude Santiago, auteur de formidables documentaires musicaux et grand amoureux de l’Amérique latine. Nous l’avons trouvé lumineux. Merci, Claude !
Voici des extraits choisis. Le texte complet a été posté dans le Forum, topic « les FARC, résistants ou terroristes ? »
Tout et n’importe quoi a été écrit, et notamment que la Colombie est un pays démocratique déstabilisé par une narco-guérilla, alors que le Venezuela serait déjà une dictature.
Quelques vérités sur Alvaro Uribe, par
Nicolas Joxe
LE MONDE | 14.01.08 | 13h52 • Mis à jour le 14.01.08 | 13h52
Difficile de ne pas réagir à l’article de Jacques Thomet "La vérité sur les FARC sort enfin" (Le Monde,9 janvier). Pour qui connaît un tant soit peu la situation colombienne, sa lecture ne peut que provoquer stupeur et colère. Dressant un portrait particulièrement élogieux d’un président colombien qui aurait tout tenté pour libérer les otages aux mains des FARC, l’auteur y lance des accusations contre la famille d’Ingrid Betancourt.
Selon cet ancien directeur de l’AFP en Colombie, le président Alvaro Uribe Velez aurait été victime d’une opération de "diabolisation" orchestrée par le gouvernement et les médias français. La famille d’Ingrid Betancourt est accusée d’avoir constamment "vilipendé" le président colombien tout en dédouanant la guérilla de sa responsabilité dans les enlèvements de civils. Qui peut croire que la famille d’Ingrid Betancourt n’a jamais condamné la cruauté et l’injustice des FARC ? Tout au long de ces années, les proches de l’ancienne sénatrice franco-colombienne ont toujours dénoncé cette pratique abjecte des enlèvements. Les FARC ont depuis longtemps perdu tout crédit politique en généralisant les kidnappings.
Personne ne conteste cette dérive criminelle de la guérilla, qui commence dans les années 1980 quand elle décide de se financer grâce à l’argent du trafic de drogue qui inonde le pays. Les FARC se coupent alors du reste de la société colombienne, leur projet révolutionnaire laisse place à une lutte purement militariste. Ce combat pour accroître leur emprise territoriale s’accompagne dès lors de violations massives des droits de l’homme. Aujourd’hui, personne ne défend sérieusement la vision d’une guérilla "romantique" en Colombie. L’épisode du petit Emmanuel est un exemple supplémentaire du cynisme dont est capable ce mouvement. Cette vérité sur les FARC n’a donc jamais été occultée, comme le prétend Jacques Thomet, qui tente de faire apparaître le président colombien comme un démocrate exemplaire, victime des mensonges des FARC relayés à l’étranger par la famille Betancourt et les autorités françaises.
Mais cette présentation de la situation colombienne, véritable panégyrique pro-Uribe, ne résiste pas à l’examen. Pour s’en convaincre, il faut revenir sur le parcours du président colombien. Car, contrairement à la thèse qu’avance Jacques Thomet, la violence politique qui ravage la Colombie ne se résume pas aux seules FARC. Depuis vingt ans, sous prétexte de lutter contre la guérilla, des milices paramilitaires d’extrême droite ont commis des crimes de masse contre la population. Ces derniers mois, des fosses communes ont été découvertes dans toutes les régions du pays. Le procureur général de Colombie a affirmé qu’elles pourraient contenir les restes de près 10 000 civils assassinés par ces groupes paramilitaires.
Leaders populaires, syndicalistes, juges, défenseurs des droits de l’homme, journalistes : les paramilitaires se sont attaqués à toute forme d’opposition politique ou sociale avec une cruauté inouïe. La presse colombienne a révélé comment les chefs paramilitaires ont généralisé la torture en formant leurs hommes à démembrer vivantes leurs victimes.
Les derniers rapports d’enquête d’Amnesty International, de Human Rights Watch ou de la FIDH montrent comment les forces de sécurité colombiennes ont encadré, coordonné, voire participé, aux massacres paramilitaires. Les témoignages des victimes sont concordants, massifs, accablants. Des officiers supérieurs de l’armée ont "sous-traité" aux milices le soin de mener cette guerre "sale" en toute impunité.
Mais les paramilitaires ne se sont pas cantonnés à ce travail de répression, ils ont bâti une redoutable organisation mafieuse qui contrôle l’essentiel du trafic de cocaïne vers les Etats-Unis et l’Europe. En s’infiltrant dans l’appareil d’Etat, les paramilitaires ont pu faire prospérer leur trafic et généraliser le détournement de fonds publics grâce à la complicité d’une partie de la classe politique au pouvoir.
Or ce qu’omet de dire Jacques Thomet dans son article, c’est que la carrière du président Uribe est étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un "politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement". Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia. Dans son article, Jacques Thomet écrit que le père du président colombien a été abattu par les FARC. Certes, mais pourquoi ne mentionne-t-il pas que ce dernier était lié à certains parrains de la drogue du cartel de Medellin, que l’on a retrouvé un hélicoptère appartenant à la famille Uribe dans un immense laboratoire de cocaïne ?
Pourquoi ne pas rappeler que l’ancien chef des services de renseignement, un proche du président Uribe, est actuellement détenu pour sa collaboration active avec les paramilitaires ? Pourquoi omettre le fait que les paramilitaires ont joui du soutien de larges secteurs de la classe politique colombienne ? Cette année, malgré les menaces, les juges de la Cour suprême ont ordonné l’arrestation de quatorze députés et sénateurs. Tous sont des proches du président Uribe. Ils sont accusés d’avoir truqué des scrutins électoraux, ordonné des assassinats et servi les intérêts des groupes paramilitaires depuis le Parlement.
Depuis 2005, le président Uribe a tout mis en oeuvre pour parvenir à une amnistie générale des paramilitaires en adoptant la loi dite de justice et paix. Cette législation prévoit, en effet, pour les responsables de ces crimes contre l’humanité des peines dérisoires en échange de leur démobilisation. La situation colombienne est complexe, sa violence, multiforme, parfois difficile à décrypter. Mais présenter la guérilla comme le "diable" et tenter de blanchir un président colombien compromis dans l’entreprise criminelle du paramilitarisme est quelque chose d’inacceptable. Exiger la libération d’Ingrid Betancourt et de tous les otages retenus dans des conditions inhumaines par la guérilla ne peut servir à exonérer l’Etat colombien de sa responsabilité dans le déchaînement de violence existant dans le pays.