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  • Morat 22 décembre 2008 00:36

    Dans le procès qui a été instruit symboliquement contre lui en 2000 et dont les éléments se jugent sur pièce grâce à internet, j’ai repéré plusieurs défaillances :

    1° Le recours à l’argument basique qui consiste à faire croire - avec la perversité qu’autorise la psychanalyse - que le déni est un aveu caché. Se défendre d’être antisémite reviendrait à avouer le contraire. Si on ne laisse pas le champ libre à l’accusé, on peut aussi bien ne pas lui demander de rendre des comptes...

    2° Il y a un parasitage constant entre sa posture existentielle - en laquelle on peut voir "un réflexe de classe" assez bénin - et une posture politique qui transfère cette attitude sur un autre plan, plus dangereux, parce que plus militant, instrumentalisé. Camus est ronchon, il se sent en voie de disparition, et avec lui c’est tout ce qu’il aime qui fiche le camp - une certaine idée de la France, mais une idée avant tout culturelle, liée un art de vivre bourgeois. Ces déplorations ne dépassaient toutefois pas le stade d’une nostalgie amère jusqu’à ce qu’il parle des juifs. Il a alors commis une maladresse, dans la mesure où la publication d’un livre est fatalement politique, et que ses propos passéistes ont pris une autre tournure - je dois ajouter ici qu’il a écrit ensuite un livre éminemment politique sur la question du renouveau communiste, preuve que ses amertumes esthétiques se sont déplacées vers la sphère politique, en quoi on peut déduire que son ressentiment s’est accru - et comment cela n’aurait-il pas été le cas après la fameuse "affaire" ? On a tout fait pour transplanter son orientation existentielle dans le domaine de la polémique politique où l’on est facilement catalogué à vie.

    3° Cette posture existentielle de dandy déclassé, de traditionaliste amoureux des origines, d’esthète affuté au pied de la source supposée de l’imaginaire, n’est pas stricto sensu une posture. C’est un goût très réel. Quand on critique sa pose on s’en prend à l’être. Je ne vois pas ce qu’il y a de ridicule dans le fait d’aimer les demeures d’écrivains et d’y trouver un plaisir mêlant fantasme et élégance. Par ailleurs, son idéologie des origines est un mythe dont il est lui-même très conscient des limites : il se laisse bercer par l’illusion des races et des origines parce qu’elle lui permet de mieux aimer la vie. En gros, il a besoin de se raconter ce genre d’histoire pour aimer les hommes, pour sentir quelque chose de sacré (sans bêtise, pas d’oeuvres littéraires, dit-il, comme Michon, comme Flaubert). Si on l’attaque sur ce plan, on désarçonne son existence, on s’en prend à ses fondements intimes. Je me suis moi-même senti blessé par les attaques dont il a été la cause, dans la mesure où on mettait systématiquement en corrélation, d’un coté son goût pour l’ancien, sa jouissance du passé, de l’autre un présumé nationalisme antisémite. L’exemple de Barrès, lui aussi esthète égotiste, a pu servir de parallèle. Si l’antisémitisme du personnage s’avère réel, j’aimerais autant qu’on ne s’en prenne pas à son goût du passé.







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