Sages paroles et là est tout l’enjeu européen. Vous le voyez comme un grand jeu joué dans l’ombre, comme avec cette histoire de Schumann à la solde des américains. Mais l’emprise du pouvoir par une entité extérieure qui, par le biais du pouvoir économique, exerce une autorité politique et que Mendes-France craignait est déjà là. Ce n’est pas un gouvernement, ce sont les marchés financiers. Ça oui, c’est un « apport » américain de la main de son allié britannique. Pas besoin de conspiration. C’est la doctrine néolibérale de dérégulation de l’ère Reagan, de la main de Thatcher, qui a séduit en Europe jusqu’à une bonne partie de la gauche. En zone euro c’est principalement l’Allemagne qui la défend maintenant. Pour ne parler que de la dette, le problème n’est pas seulement ce que doivent les États mais aussi ce qui est fait sur les marchés avec cette dette. Dans le système actuel, l’existence des CDS crée les conditions idéales pour transformer la dette en un jouet sur le marché. Cela n’a rien à voir avec redonner le pouvoir de création monétaire au gouvernement, comme outil de souveraineté, sinon avec contrôler juridiquement les marchés. C’est donc un problème juridique de niveau européen d’abord, mais ensuite mondial. Il apparaît clairement que la spéculation tourne seule depuis des années, ne finance rien, n’équilibre rien du tout au contraire et que la masse de ressources concernées est disproportionnée et grossit sans cesse. Dans ce contexte, le cadre européen, et en particulier la zone euro, est le seul viable pour promouvoir une solution juridique négociée avec les USA, la Chine, le Brésil et le reste du monde dans le but de remettre de l’ordre dans les échanges commerciaux. L’abandon du dollar comme référence internationale est discuté un peu partout, même en Chine. C’est maintenant que l’Union devrait réagir et retourner au principe d’Europe sociale.
Non monsieur. Celui qui prend les gens pour des cons est celui qui crie au retour des « fichues étoiles dorées » et veut assimiler l’Union européenne aux empires romain, germanique, napoléonien, II reich de Bismarck jusqu’au III reich hitlérien. Ça oui, c’est prendre les français pour des veaux, bien dans la longue tradition de l’adoré général de F. Asselineau.
Je n’ai rien à ajouter avant de recevoir la fameuse source qui démontrait, parait-il, la grande conspiration de la création de l’Europe par les américains et la corruption de ses fondateurs.
- En quoi l’Europe serait un mariage de force ? C’est l’idée que propage Asselineau pour pouvoir la combattre mais ce n’est pas du tout conforme à la réalité. Quant aux africains demandez leur ce qu’ils en pensent de la coopération économique avec les européens en général. Voudriez-vous une colonisation bis ? Cette réclame constante de la Grandeur française ne serait alors que du néocolonialisme camouflé ? Le style y est, la propagande démagogique et populiste, aussi.
- faire un parallélisme entre les différents empires qui ont tentés de se construire en Europe et l’Union européenne est malhonnête. C’est d’ailleurs ce que je reproche au verbiage de F. Asselineau, dans lequel tout est bon pour faire apparaître une Europe coalisé contre la France pour la énième fois. Ce discours est biaisé et ne sert qu’à souder les quelques français qui s’y laisseraient prendre autour de la peur et de la xénophobie. C’est donc, aussi, du populisme.
Quant à la grande révélation qu’aurait fait Evans-Pritchard ( soit dit en passant, éternel opposé à l’Union) en 2000 dans le Daily Telegraph selon laquelle les dirigeants fondateurs de l’Union (Schummann, Spaak ) ne furent que des agents à la solde des américains, on attend toujours la confirmation de ses sources, en particulier l’identité du chercheur de l’Université de Georgetown, Joshua Paul qui aurait découvert les documents qui le démontrait. Informez-vous sur Ambrose Evans-Pritchard et vous verrez qu’il n’en était pas à son coup d’essai en matière de bluff journalistique.
Gorgonzola, vous vous foutez de moi ? Que peut avoir à voir le fait que Brzezinski pense qu’un axe USA-Europe est bénéfique pour les États-unis avec l’affirmation sans fondements qu’a fait F. Asselineau en pondant « Celle-ci [ l’Europe ] apparaît de plus en plus comme une conception
antédiluvienne, fondée de facto sur une solidarité raciale et religieuse
qui n’est plus de saison. »
D’autre part, qu’est-ce qui vous permettrait de m’attribuer les idées de Imhotep ou vice et versa ?
Pour finir, expliquez-moi pourquoi les événements datés entre 1948 et 1951 seraient hors de propos dans un contexte où F. Asselineau affirme, toujours gratuitement la grande âme, que les américains ont lancé la construction européenne en 1950.
Enfin, comme dit un vieux dicton : il est plus facile d’attraper un menteur qu’un boiteux.