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Nikos

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Tableau de bord

  • Premier article le 20/06/2008
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Ses articles classés par : ordre chronologique




Derniers commentaires



  • Hakawati de Damas 20 juin 2008 23:12

    @ Jean_Paul Doguet 

    Non je n’ai pas une vision sentimentale, loin de là, simplement parce que je connais la réalité sur le terrain, hélas. Encore une fois vous déformez mes propos alors que le sur le fond nous avons de nombreux points d’accord. Détrompez-vous, non, je n’imagine pas un seul instant qu’une paix des cœurs et des esprits doit absolument accompagner la paix écrite. D’où me sortez-vous une telle pensée de ma part. Je ne dirais pas non plus comme vous que ce ne sera jamais le cas entre Arabes et Israéliens. Je sais simplement que cela demandera beaucoup de temps avant que ça puisse être possible. Ni vous ni moi, nous ne serons peut-être pas là, hélas. 

    Je pense que le processus de paix n’aura pas l’effet immédiat de faire en sorte que les gens s’aiment. Il doit néanmoins en avoir l’ambition sinon la vocation. Il faut déjà que les deux parties commencent à se parler ; plutôt à accepter l’idée de se parler d’ailleurs. Le processus de paix pourra d’abord et avant tout freiner les guerres et les éviter. Peut-être dans un deuxième temps, lointain, les gens commenceront à vouloir se connaitre, s’approcher petit à petit. Alors qui parle d’amour ? Puis, peut-on aimer sans connaitre ? Non. 

    Vous dites que j’ai une touche sentimentale. Après coup je me dis pourquoi pas. Parce que figurez-vous, dans cette violence inouïe, et il faut vivre dans cette région pour s’en rendre compte, si on arrive à tisser quelques rêves, on pourra alors espérer que le rêve soit un jour une réalité. N’est-ce pas un jour un noir américain a dit "I have a dream".  

    Vous maintenez, et c’est votre droit, que personne en Egypte ne remet sérieusement en cause les accords de Camp David. Mais qui personne ? Vous dites vous-même que l’Egypte est loin d’être une démocratie. Alors comment avez-vous votre opinion ? Il faut peut-être que vous fassiez un tour dans la presse égyptienne. Je ne suis pas sûr par exemple que les Frères Musulmans soient d’accord avec ces accords. Mais malheureusement, et je pèse mes mots, les frères musulmans ont une telle popularité que vous ne pourriez pas dire "PERSONNE".

    Vous dites que "La montée en puissance des Frères Musulmans n’est pas la seule conséquence
    de l’autoritarisme arabe, mais aussi et surtout de la faillite des modèles laïcs socialisants." Oui. Mais c’est complètement lié, parce que comme vous le savez, en Syrie c’est justement la faillite du parti Ba’as "nationaliste, socialiste et soi-disant laïc" qui a facilité sinon renforcé la montée en puissance des frères musulmans. Et l’effondrement du modèle communiste n’a pas arrangé les choses.

    Quant à ce qui s’est passé à Hama en 82, c’est une action sanglante de la part du régime et non pas une réaction à un soulèvement populaire comme vous le laissez supposer. En effet, ASSAD père s’est attaqué aux frères musulmans en tant mouvement armé et qui à cette époque n’avait pas autant de popularité dans la rue. Ils étaient aidés par la Jordanie et l’Irak pour déstabiliser le régime. Alors il a voulu les éliminer de la manière la plus radicale. Bien sûr ce fut très sanglants et des milliers de civils innocents ont payé le prix fort, une ville entière.

    Par contre, excusez-moi, mais votre remarque qui dit "Si la Syrie se démocratisait, il y a une foule de villes qui se donneraient à eux et qui ne demandent que cela. Et alors là, malheur aux Alaouites et aux Chrétiens !" n’est tout à fait exact. D’abord vous mettez les alaouites et chrétiens au même plan. Je trouve cela simplet. Les chrétiens ne craignent rien en Syrie, et la Syrie n’est pas l’Irak. En Syrie plus de 20% de la population est chrétienne et ils n’ont jamais eu de problèmes. Ensuite, je ne crois pas que l’esprit vengeur tomberait sur les alaouites en cas de démocratisation. D’abord parce que la mosaïque syrienne est beaucoup plus entremêlée qu’ailleurs. Il me semble que vous mélangez les alaouite avec le régime. Or pour moi, ce n’est pas la même chose. Et dans mes critiques à l’égard du régime je me garde justement de porter sur l’aspect religieux. Bien sûr qu’il y a ce danger mais je sais que la colère de la rue syrienne est portée sur le régime et non pas contre une telle ou telle fraction religieuse. C’est justement ca l’épouvantail que le régime brandit aussi pour faire peur d’une éventuelle démocratisation. D’ailleurs, le régime peut commencer la démocratisation progressivement sans mettre en question son existence. Voyez, je ne prône pas une démocratisation copiée collée de l’Occident. Il faut le faire en douceur mais le faire. Et puis, puisque vous introduisez cette dimension dans ce débat, sachez que le régime syrien est composé d’alaouites mais aussi de sunnites et de chrétiens. Sans oublier la bourgeoisie de Damas, sunnite, qui a ses propres intérêts avec le régime. Alors ne jouons le jeu du régime et des Frères Musulman. Pour ma part, je crois qu’il y a d’autres alternatives. Mais vous avez raison, j’ai une vision humaniste de la politique. J’ai aussi le droit, je l’espère, de rêver du meilleur pour mon pays, même si cela est difficile à… même rêver.

    Bonne nuit smiley



  • Hakawati de Damas 20 juin 2008 20:51

    @ Jean_Paul Doguet 

    D’abord je n’ai jamais dit que la démocratisation est la condition préalable de la paix. Bien au contraire, je pense que le dialogue doit se poursuivre et si paix il y a ; tant mieux, même sans démocratie en Syrie. Je dis seulement que la question des droits de l’homme et de la démocratisation progressive du pays doit être posée sur la table. Et qu’il ne faut pas se contenter de se féliciter du changement de l’attitude syrienne. Surtout quand on sait que la Syrie a le soutien financier et logistique de la France et de l’Europe. Je dis aussi que la démocratie donnera plus de chance à la paix d’être plus solide. D’ailleurs les Israéliens posent cette question de démocratisation du pays dans un volet des négociations, aussi étonnant que cela puisse paraître. Ils savent qu’à terme c’est la seule garantie pour que les israéliens puisse vivre en paix dans cette région.

    Vous dites que "l’exemple de l’Egypte est malvenu. Ce n’est pas une démocratie et ça ne l’a jamais été, et les accords de camp David sont aujourd’hui acceptés par la population". Visiblement, pour vous la paix est une affaire de signature bilatérale uniquement. Et pour moi c’est encore plus naïf. Car en 20 ans de paix signée, la population égyptienne ; et contrairement à ce que vous dites, n’a pas encore accepté cette paix. Il faut aller voir sur place et demander aux gens ce qu’ils en pensent réellement de cette paix.  Leur demander s’ils achètent les produits israéliens par exemple ? Il faut demander aux touristes israéliens s’ils osent dire qu’ils sont israéliens dans la rue au Caire. Il faut voir l’échange culturelle inexistant et le boycotte des intellectuels égyptiens de ce qui touche justement à la culture israélienne. Les exemples sont nombreux. Non, la paix ce n’est pas seulement une affaire de papier. C’est aussi un processus de normalisation entre deux peuples.  Effectivement, l’on peut dire que les peuples arabes ne sont pas prêts cette normalisation mais il ya des raisons. À savoir justement, les dictatures arabes affament leurs peuples et les laissent dans l’ignorance totale. Résultat : les gens se refugient dans les idées islamistes en pensant que la religion est la seule solution. Et là où je suis d’accord avec vous, c’est quand vous dites que si l’Egypte avait été une démocratie, elle aurait sans doute plus difficilement fait la paix. Mais vous tombez dans une contradiction quand vous ajoutez plus loin que vous n’êtes pas d’accord avec l’argument qui consiste à dire que c’est l’autoritarisme arabe qui renforce les Frères Musulmans. Peut-être qu’effectivement cet argument est servi par l’opposition libérale en Syrie et en Egypte. Mais au moins eux ils savent de quoi ils parlent puisqu’ils vivent dans le pays et ils le connaissent beaucoup mieux. Vous vous contredisez aussi quand vous dites "Je suis convaincu que si des élections libres avaient lieu en Syrie en Egypte et même en Jordanie, elles seraient un triomphe pour les islamistes". Bien sûr, c’est mon avis aussi. Mais c’est bien le résultat des régimes dictatoriaux. Il faut savoir qu’à l’époque démocratique, ces frères musulmans n’avaient pas beaucoup d’influence. Je donne un seul exemple. Dans les années 70, Assad père jetait les communistes et les intellectuels en prisons, ceux qui ne s’étaient pas alliés avec lui. En même temps, il laissait les islamistes construire des mosquées à chaque coin de la rue. Jamais on n’en a vu autant de mosquées. Et ce au détriment d’autres forces plus libérales et démocratiques ainsi que les intellectuels. En même temps pour asseoir sa mainmise, le régime, en Syrie comme en Egypte, brandit toujours la menace des intégristes "Vous voulez la démocratie ? Vous risquez de regrettez l’arrivée des islamistes". Certes le danger est là. Je ne dis pas qu’il faut introduire des élections libres sur le champ. Mais la démocratisation commence par amorcer des libertés publics et à tout le monde. Pas seulement pour les Frères Musulmans. Dans ca cas seulement et si les choses se font comme je le dis dans mon article, je reconnais c’est trop utopique pour que ça se réalise rapidement, les islamistes ne représenteront pas un réel danger. Y compris pour la paix.



  • Hakawati de Damas 20 juin 2008 17:49

    Parousnik, je comprends votre position mais apparemment vous ne savez pas ce qu’est c’est que de vivre sous la dictature. Je n’ai pas besoin de vous faire une longue démonstration, mais le simple fait que vous puissiez vous exprimer ainsi librement, dans ce ce forum par exemple, n’est en aucun cas donné aux peuples qui subissent les vraies dictatures. En Syrie par exemple, des internautes et des bloggueurs sont jetés en prisons et sont jugés par des cours martiales et militaires pour le simple fait de s’exprimer librement. Ils sont suspectés de comploter contre le "socialisme" ou de conspiration contre la sécurité de l’état. Voyez, la liberté d’expression est un droit fondamental pour moi. Hélas, j’ai déjà remarqué qu’en Occident, on ne se rend pas compte de la chance que nous avons. Je comprends bien qu’il puisse avoir des imperfections dans le système démocratique pour les uns ou pour les autres. Mais au moins le débat n’est pas interdit et vous ne serez pas condamné en prison depuis 2004 parce que vous avez voté non au traité européen, par exemple. Puis, le vote n’est en aucun cas manipulé en Europe. Parce que sinon, dans un pays de dictature on aurait tout simplement manipulé le vote des citoyens, et sans le moindre gêne. Tenez, en Syrie, depuis 41 ans, les deux présidents, père et fils, sont toujours passés entre 97% et 99.7% des suffrages. Manipulés bien sûr. Maintenant que les dirigeants européens soient mécontents du résultat irlandais, ce à quoi vous faites allusion, c’est dans leur rôle pour ne pas dire dans leur droit. Le débat est toujours là pourtant pour savoir que faire pour sortir de l’impasse. On peut être d’accord ou pas, mais faire revoter un peuple reste malgré tout un processus démocratique. En plus, rien ne dit que les irlandais voteront oui.

     
    Quant à vos critiques de la reprise de dialogue entre Arabes et Israélien, ils montrent une fois de plus que vous n’avez pas vécu dans une région où la guerre règne depuis 60 ans au moins. Mais pour moi, le simple fait de dialoguer, figurez-vous, il me procure déjà un espoir. C’est aussi simple que ça. C’est la perspective qu’il puisse avoir une autre alternative que la guerre et le sang versé. C’est l’espoir de voir les enfants de la bande de Gaza manger à leur faim. Or cela ne peut se faire que par la paix et par le dialogue. La terreur et les armes, des deux côtés, ne marcheront pas. Sinon, que voulez-vous ? La guerre encore et plus de sang versé ? Il faut savoir choisir entre le bien, le mal et le pire. D’ailleurs, estimez-vous heureux qu’en Occident vous avez la liberté de choisir. C’est ça aussi c’est la démocratie.






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