« Le monde que nous avons construit et laissé construire est attristant et désespérant pour certains. Et pourtant, les possibilités de mieux-être existent. »
Ce type de propos correspond à un discours de domination de classe, c’est comme les doctrines pseudo-scientifiques comme « la survie du plus apte » du darwinisme social théorisé par le bourgeois Herbert Spencer (et rejeté par Darwin lui-même), oubliant qu’à l’inverse des animaux nous avons le choix d’être solidaire ou non ; il y a aussi le malthusianisme qui postule que les pauvres feraient trop d’enfants, l’idée est ridicule en regard de la fécondité médiocre en Occident. Bref, tous ces discours qui avancent masqués en théorisant la supériorité et l’infériorité n’ont aucun substrat scientifique et correspondent à des intérêts de classe.
Mon article « L’avenir de l’Islam en France » proposé hier déplaît visiblement, on a pas le droit de dire certaine chose sur Agoravox. Pourtant mon article rejoint celui-ci sur certains points mais en pointant bien du doigt les deux grands individualismes terrestres en crise, individualismes définis par le sociologue Emmanuel Todd dans ses travaux. Hors question pour moi d’annoncer l’effondrement de l’Islam en France (ce que je dis explicitement ) à moyen terme sur des bases anthropologiques et de faire de la lèche à l’individualisme occidental moribond. Les deux grands individualismes terrestres, nucléaire égalitaire et nucléaire absolue ne peuvent pas perdurer dans le temps puisqu’il conduisent à un individualisme absolu qui anéantit la cohésion sociale.
Entre les hérétiques protestants qui se prennent pour de vrais chrétiens alors qu’historiquement ce sont des relativistes devenus obséder par LArgent (du nom du dieu éponyme LArgent) et les catholiques d’Europe de l’Ouest (quand ils existent) progressistes et souvent incultes sur les fondamentaux chrétiens, le relativisme moderne n’est pas près de céder à une tradition religieuse digne de ce nom. La religion c’est aussi bien l’amour du prochain que la lutte contre l’impiété de la société. La rhétorique moderniste ne saisit pas bien l’importance de cette lutte pour les religions monothéistes, d’où le discours hippie-libertaire qui fait une fixation sur « l’amour du prochain » ; ce qui démontre une incompréhension de l’objectif profond des religions, c-à-d le Salut en menant une vie « halal » et en se défiant de ceux qui ne le font pas. A un moment donné les idées progressistes seront sérieusement remises en question et considérées comme nocives pour la pérennité du monde, le contexte de crise mondiale en pose les bases. Comme disait René Guénon ce n’est pas avec des réformes économiques que le problème se résoudra en Occident.
Les catholiques d’aujourd’hui sont mi-figues, mi-raisins, le catholicisme authentique est intégriste. Avant que l’influence des Lumières ne fasse son effet les Français et les Françaises se mariaient jeunes, il y avait dans les familles des principes qui choqueraient les libertaires de notre époque.
Il faut apprendre à regarder la situation du pays en prenant de la hauteur, c’est pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. La France n’a pas besoin de l’Islam pour couler.