Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour votre analyse que je trouve exhaustive et bien faite. Vous avez visiblement investi du temps dans ce texte. Simplement, je ne vous suis pas dans votre proposition originale d’utiliser l’esperanto comme solution équitable et satisfaisant tout le monde à moindre cout.
Cette solution est sans doute équitable. Mais Elle n’est pas bon marché, car de toute façon l’anglais subsistera. Il faudra donc pour un français connaitre : le français, l’esperanto et l’anglais. Et surtout je ne crois pas un instant qu’elle satisfasse quiconque : personne et surtout pas une élite connaissant déjà l’anglais ne se mettra à l’esperanto.
Pour en revenir à ma proposition d’utiliser l’anglais comme langue nationale bis, elle présente aussi des difficultés et il faudrait sans doute bien une vingtaine d’années pour avoir des résultats tangibles. La plus grosse difficulté est de vaincre les résistances culturelles. Il faut convaincre que loin d’avoir quelque choses à perdre (et surtout pas le français et son arrière plan culturel), nous avons tout a y gagner : un espace culturel immense et nous pourrons enfin faire jeu égal avec les anglo-saxons.
Je ne crois pas que l’anglais puisse encore être contourné : If you can’t beat them, join them !
Honnêtement je ne crois pas que l’esperanto ait la moindre chance.
Quitte à heurter certaine sensibilités, je plaiderai plutôt pour instaurer l’anglais non pas comme la seconde langue de facto pour nos élèves, elle l’est déjà, mais plutôt comme seconde première langue dans notre système éducatif. C’est à dire placer l’anglais à égalité avec le français sur autant de plans que possible. Plaçons au second plan les langues alternatives comme l’allemand ou l’espagnol : elles n’ont souvent qu’un intérêt régional.
Il ne s’agit pas de renier nos sources ou notre culture. Mais la multiplicité des langues n’est en grande partie qu’une énorme redondance. Ce qui est exprimé en Allemand peut à 95% être exprimé en Espagnol. Pourquoi s’entêter sur les 5% restants ? La sacro-sainte diversité de nos langues, n’est elle pas au contraire contre-productive, en créant des cloisonnements entre les peuples ? Combien de français ont-ils vraiment ne serait-ce qu’une vue d’ensemble de la culture allemande pour cause de barrière linguistique ? Et l’humanité ne trouverait-elle pas au bout du compte un champ culturel beaucoup plus vaste avec une linga-franca ?
La diversité linguistique n’est pas une richesse mais un appauvrissement. Mais évidemment il faut du courage pour secouer cette espèce de pensée unique omniprésente dans tous les threads consacrés au rôle de l’Anglais dans nos civilisations.
D’un autre coté, c’est peut-être une décision salutaire. L’instauration de l’anglais comme lingua-franca n’est-il pas tout simplement inéluctable ? Pour une fois, nous avons sauté le pas avant d’autres pays non anglophones comme l’Allemagne.
Et ceci m’amène à suggérer, prudemment dans mon bunker on ne sait jamais, que nous devrions peut-être enterrer cette détermination à vouloir protéger le Français. En fait ne devrions nous pas entériner l’anglais, non pas comme la seconde langue de prédilection, mais comme la seconde première langue de notre système éducatif ?
Ouch ! Je crois que je vais me faire des amis dans ce thread.
Ca fait effectivement beaucoup d’argent pour résoudre un problème qui n’en est pas un. Ca signifie aussi que la guerre en Irak a acquis sa propre dynamique : on ne peu plus tirer un trait aussi facilement, sinon comment justifier les sommes déjà engagées sans tomber dans le ridicule. A mon avis les Américains sont là-bas pour y rester.
Ca me fait un peu penser à l’ISS, que la plupart des scientifiques considèrent comme un projet de prestige sans réel intérêt scientifique, mais qu’on ne peut plus stopper ou laisser à l’abandon sans remettre en cause des décisions et des décideurs ayant engagé des sommes à hauteur de la centaine de milliards de dollars.