Je suis à chaque fois sidéré par le manque de nuance des gens sur ce sujet.
On en parle beaucoup, on manie des notions compliqués ("eau virtuelle", "taux de conversion de protéines"...) mais au finale, je n’ai pas encore lu un seul article qui faisait preuve d’une bonne compréhension du sujet.
A quoi cela rime de citer des taux de conversion de protéines si c’est pour mettre dans le même sac les protéines des céréales, qu’on peut manger directement, et les protéines des fourrages, qu’on ne peut pas manger directement (du moins, pas efficacement) ?
Quel est l’intérêt de dire que 20 % des sols de pâturage sont dégradés, comme si c’était 20% dégradés PAR le paturage, alors qu’on utilise préférentiellement des sols dégradés pour en faire des patures, les sols de bonne qualité étant plutôt cultivés ?!?
Tout n’est pas si simple ; l’élevage est une machine complexe et variée.
L’élevage est à la fois l’usine hors-sol qui gaspille énergie, surface cultivée, eau et nutriments tout en polluant, le pastoralisme qui entretient une biodiversité, et l’élevage de subsistance qui est le dernier recours de gens souffrant de la sécheresse entre autre, et qui leur permet d’avoir un revenu, et à manger alors même qu’ils ne peuvent plus rien faire pousser.
Et l’élevage n’est pas que cela ; il permet de valoriser des espaces qu’on ne peut pas (ou qu’on ne doit pas, parcequ’il s’agit de sols fragiles par exemple) cultiver, mais aussi de valoriser des déchets (tourteaux de colza, pailles, production de jachères, déchets alimentaires etc...), soit de récupérer une partie de l’énergie et des nutriments minéraux qu’ils contiennent pour les réinjecter dans le cycle.
La question n’est pas "faut-il manger de la viande ou non ?", mais "quelle quantité de viande peut-on manger, et laquelle, comment doit-elle être produite ?"
Mr Vélot a déclaré ceci dans une lettre envoyée aux élus, dont a notamment résulté l’interdiction d’un essai :
« Disposant du gène de la lipase gastrique de chien, tout biologiste moléculaire travaillant sur la levure (et c’est mon cas) est capable en quelques semaines de fabriquer la levure transgénique produisant cette lipase gastrique. A t-on essayé de produire la lipase gastrique dans la levure ? Non ».
On dirait bien qu’il y en a une une floppée d’études sur le sujet.
Alors, est-ce que Mr Vélot n’a pas été capable avant de lancer une telle affirmation de faire une recherche bibliographique, ce qui est une énorme preuve d’incompétence pour un chercheur, ou est-ce qu’il s’avait que cela avait été tenté, auquel cas, c’est un mensonge ?
Plus loin, dans le même texte, Mr Vélot affirme :
"Deuxièmement, il existe d’autres cellules que les microorganismes permettant
de produire en culture (et donc toujours en espace confiné) et à grande
échelle des protéines d’intérêt pharmaceutique. Ce sont par exemple les
cellules d’insectes [...] A t-on essayé de produire la lipase gastrique dans
de telles cellules ? Non."
Rebelotte :
Il y a une revue sur le sujet dans le livre "Protein Engineering in
Industrial Biotechnology" de Lilia Alberghina, page 293, article
intitulé "Production and potential applications of recombinant gastric lipase
in biotechnology", écrite par Stéphane Canaan, Liliane Dupuis, Mireille
Rivière, Anne Belaich, Robert Verger, Jean L Romette, et Caterine Wicker-
Planquart, tous chercheurs au CNRS (à Marseille, ESIL).
On y apprends que les malades devraient absorber 30 000 UI avec chaque repas.
Eux sont partis sur la production de lipase gastrique par des cultures de
cellules d’insectes : http://dx.doi.org/10.1006/prep.1998.0946 http://peds.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/9/12/1225
Ce système produit actuellement à tout casser 9000 UI par litre de culture,
et il y a un problème de stabilité de l’enzyme obtenue.
Et surtout, manque de pot pour Vélot, pour les cultures de cellules d’insectes
il s’enfonce : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2420660 http://www.springerlink.com/content/x329685v64317301/
Cela a été fait à l’ENS Cachan et publié en 1998, soit 7 ans avant sa
déclaration
Même question : incompétence, ou mensonge ?
Peut-on croire Mr Vélot lorsqu’il s’agit d’OGM, alors que sur ce sujet, il prouve qu’il est soit incompétent, soit capable de mentir effrontément ?
Pour répondre rapidement à quelques objections qui apparaissent dans les commentaires :
en ce qui concerne les brevets d’abord. Il faut savoir qu’il n’y a pas que les OGM qui font l’objet de brevets ou d’autres formes de protection intellectuelle, et que tout OGM n’est pas nécessairement brevetée.
S’il n’y a pas à l’heure actuelle d’OGM libre, développés dans un but humanitaire, c’est principalement parcequ’au lieu de financer la recherche publique sur le sujet, et le développement de filières alternatives et à visée non-lucratives (associations et cie), nous étions trop occupés à nous plaindre du fait que Monsanto et cie déposaient des brevets.
Il y a eu quantités de découvertes intéressantes faites dans le domaine public.
Qu’il s’agisse des peupliers appauvris en lignine, dont la transformation en papier est moins polluante, du riz doré, enrichi en vitamine A, de la résistance à la sécheresse, de la production de lipase gastrique, un médicament potentiel destiné aux myopathes (qui sont délaissés par l’industrie pharmaceutique, parcequ’ils ne représentent pas un marché suffisamment important) etc...etc..., tout a commencé dans la recherche publique.
C’est parceque ces projets se sont heurtés à une opinion publique fermée qu’il n’y a toujours pas de résultat applicables, voire que certaines techniques se sont retrouvées quasiment vérrouillées pa des dépots de brevets (de Syngenta, Monsanto et cie...).
Les peupliers appauvris en lignine de l’INRA ont été détruits par des faucheurs, un riz OGM testé par le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) a été détruit en serre, ainsi que du matériel de recherche par Bové et cie, Greenpeace a investi 12 millions d’euros pour faire mauvaise presse au riz doré, dont le développement ne coutait alors que 340 000$, et la recherche publique sur les OGM résistants à la sécheresse notamment est quasi à l’abandon en France, alors que Monsanto approche de la phase finale de test et a déjà cumulé pas mal de brevets sur le sujet.
C’est un argument facile, de dire que les OGM, c’est seulement quelques grosses multinationales, quant on tue dans l’oeuf tout projet alternatif.
Si votre problème, ce sont les brevets, la concentration du secteur des semences etc...etc..., luttez contre ce qui vous pose réellement problème au lieu de choisir un bouc-émissaire : il n’y a pas un seul modèle de société qui exclue définitivement l’usage de la transgénèse.
Pour preuve, le projet Golden Rice a obtenu de Syngenta que le riz doré ne fasse pas l’objet de royalties pour les agriculteurs ayant moins de 10 000$ de revenu, la Chine au lieu de se laisser impressionner par Monsanto développe ses propres OGM, certaines entreprises indiennes font en toute impunité des croisements de variétés OGM de Monsanto avec des variétés locales, et les vendent sans leur verser un centime...
Autre point : la meilleure publicité de Monsanto, ce sont ses "anti". Grâce à eux, elle est devenu une des entreprises les plus connue au monde avec Coca-Cola et Microsoft. Alors qu’il s’agit pourtant d’une petite entreprise, largement plus petite par exemple que Nestlé, ou Danone, et qu’elle n’est pas même première de son secteur (mais troisième la dernière fois que j’y ai jetté un coups d’oeil).
Diaboliser quelque chose, c’est lui donner trop d’importance.
D’autant plus que vous n’êtes pas les clients de Monsanto. Les clients de Monsanto, ce sont les agriculteurs, et ces derniers ne sont pas sensibles à des arguments du type "Monsanto c’est la mort" : eux, ils voyent la réalité du champs, dont la majorité des anti-Monsanto sont loin.
De ce fait, les anti-Monsanto n’en font même pas une mauvaise pub.
Le film "Le monde selon Monsanto" n’est pas un reportage, ni une enquête, mais un film militant, fait par une anti-OGM qui n’a consulté QUE des anti-OGM.
C’est de ce fait un joyeux méli-mélo d’informations vraies, partielles, et même fausses.
Par exemple, on vous parle du problème du suicide des agriculteurs en Inde sans vous dire qu’il a commencé au début des années 1980, et qu’il est devenu problématique à partir des années 90, alors que les OGM sont arrivés en Inde après 2002.
On vous parle de la "contamination" du maïs mexicain d’Oaxaca en 2000 en omettant de vous dire qu’en 2004, on en trouvait plus aucune trace. Et on vous balance même une information fausse en vous montrant des plants de maïs mutants sois-disant OGM, alors que l’une des caractéristique du maïs d’Oaxaca est de présenter des taux de mutations très élevés.
On vous parle du procès de Percy Schmeiser en omettant de vous dire que c’est pas par simple flux de pollen et de graines qu’il s’est retrouvé avec des champs contenant plus de 95% d’OGM, mais parcequ’il a lui même sélectionné des plantes OGM pour en semer les graines, fait qu’il a avoué lors de son procès.
On vous parle de Pusztai et de Seralini en omettant de dire que leurs travaux contenait des erreurs que n’importe quel biologiste à bac+3 est capable de voir...
etc...etc...
Ce "reportage" est en fait une synthèse des "arguments" des anti-OGM et anti-Monsanto, ni plus, ni moins.
Et beaucoup d’entre eux ne tiennent pas la route.
Je vais de ce pas détruire la voiture de mon voisin.
Je suis piéton ; j’ai choisi de ne pas avoir de voiture, d’utiliser mes pieds, le vélot, et les transports en communs. Pourtant, mon voisin me fait prendre des risques en décidant de conduire une voiture avec laquelle il peut m’écraser.
Il me fait prendre un risque sans le moindre accord de ma part, et alors que les voitures, j’en veux pas !!
C’est encore pire que les OGM ; les anti-OGM sont incapables de prouver que les OGM posent le moindre problème réel. Alors que moi je peux prouver qu’il risque de me renverser avec ça voiture.
Des gens qui tombent malade à cause des OGM, ça s’est encore jamais vu. Des champs qui deviennent OGM par la simple pollinisation, ça s’est jamais vu non plus.
Alors que des gens renversés par des voitures, ça arrive tous les jours !!
C’est scandaleux, et le droit ne me laisse aucun recours !!
J’espère que vous vous cotiserez pour payer mon amende, et que de nombreux piétons suivront mon exemple et détruirons ces saloperies qui polluent, qui consomment énormément d’énergie et qui en plus font courrir un risque à tout le monde, même ceux qui ne veulent pas de voiture !!
Camarades piétons, faisont valoir notre choix, faisont valoir nos droits !!
Brûlons des voitures !!
Et n’allons pas plaindre des salauds qui iront pleurer la perte de leur propriété : ils n’avaient qu’à ne pas pactiser avec le diable ces vendus !
Merci Mr Bové de m’avoir montré la voie de la responsabilité et de la citoyenneté !
Merci de nous montrer qu’en fait de "zorro", internet donne surtout la parole à de sacrés zozo !!
Vous diffusez des informations fausses.
Le Canard Enchainé, qui avait traité le sujet bien avant les sites internet francophones, a lui aussi lancé quelques affirmations fausses, mais avait au moins les bon chiffres.
D’abord, l’huile en question n’était pas frelatée à 10%. Ce sont les produits contenant plus de 10% de cette huile qui ont été retiré du marchés, voilà d’où vient ce chiffre de 10%.
L’huile frelatée contenait non pas 10% d’huile non alimentaire, mais 0,7% !!!
Vous voyez à quel point les infos que vous diffusez sont fausses ? Vous lancez un chiffre presque 15 fois plus élevé que la réalité !! Et il vous aurait suffit d lire attentivement le Canard Enchainé avant de prétendre écrire un article pour le savoir !!
Cela aurait été la moindre des choses avant d’écrire un article que de vérifier vos chiffres.
Au final, pour les produits qui n’ont pas été retiré, cela fait 10% d’une huile contenant moins de 0,7% d’huile non-alimentaire, soit moins de 0,07% de l’huile non-alimentaire !
Et pour info, non, ce n’est pas "en haut lieux" que l’on s’est aperçu de la fraude : c’est l’industriel lui même qui a fait les tests, et prévenu les autorités. Mais trop tard, les produits transformés étant déjà sur le marché.
Pour finir, vous dites : "Quand on demandait à Jean Rostand, le célèbre biologiste : « quelle quantité de radioactivité un être humain pouvait accepter sans risque ? », il répondait : « c’est un peu comme si vous me demandiez quelle quantité d’arsenic peut-on mettre dans le biberon d’un bébé ? »." Vous n’illustrez que votre complète incompréhension du sujet.
Pour votre information, n’importe quel granite émet de la radioactivité. Le simple fait d’habiter en montagne, sur certains massifs granitiques double la dose de radioactivité que l’on reçoit.
De même, certaines eaux contiennent naturellement de l’uranium.
Mr Rostand a dit beaucoup de bétises sur des sujets qu’il ne connaissait pas (il ne suffit pas d’être un biologiste, ni même un grand biologiste, pour tut savoir). On ne connait à l’heure actuelle pas de poison ; on ne connait que des poisons pour des doses précises.
Vous devriez le savoir, puisque je serais près à parier que vous êtes un fondu d’homéopathie...
L’homéopathie prétend fabriquer des remèdes à l’aide de poisons, en les diluant fortement.