C’est bien ce qu’écrit Immarigeon ici et dans ses commentaires de l’autre article : votre Constitution est parlementaire, comme la nôtre au Canada et partout dans le monde démocratique (et c’est pour cela que l’Amérique marche sur la tête, parce que sa constitution ne l’est pas et permet pas de résoudre la crise depuis le 9/11), c’est votre pratique qui est pervertie. Sauf, effectivement, dans vos cohabitations, où vous redécouvrez comment ça fonctionne partout ailleurs.
Je crois que vous vous être emmêlé les pinceaux, entre ce qu’écrit « le gauchiste repenti » qui a écrit l’article « Vive la VIème République », et les commentaires de Immarigeon. Vérifiez.
Tout à fait d’accord avec votre analyse : Sarkosy n’est que le produit d’une époque et d’un état d’esprit, celui de tous ceux qui cherchent à se rassurer, à se réfugier, à être protégés quitte à y laisser une part de leur liberté. C’est pourquoi son atlantisme, ou son américanisme n’est pas innocent, ni simplement l’expression d’un homme qui refuse par toutes ses pores la France et ses valeurs. Il n’a d’ailleurs de cesse de montrer en exemple tous ceux qui partent, les étudiants « réfugiés » à Londres, les chanteurs ringards émigrés en Suisse, et quand ça ne suffit pas, il remplit des charters de tous ceux qui ne veulent pas partir. Comme s’il avait lui-même quelque chose à reprocher à ses parents, de s’être arrêtés de ce côté-ci de l’océan et de ne pas avoir poursuivi vers ce refuge ultime que constitue l’Amérique.
Il faudrait qu’un psy se penche sur son cas. En attendant, je vous renvoie à un nouvel article de mon ami Jean-Philippe Immarigeon sur son site http://americanparano.blog.fr qui poursuit l’analyse qu’il a commencée avec « American parano », le livre. Le titre de l’article vaut à lui seul programme :« Sarko et le Dieu-cargo ».
Un jour, Louis XIV était encore roi et ses dragons pourchassaient les protestants, Dieu en a eu tellement marre des conneries qu’on faisait en son nom sans lui demander son avis qu’il a inventé Voltaire. Et dans les deux siècles qui ont suivi, la France a compris le message : suppression des Jésuites dès Louis XV, constitution civile du clergé et quelques guillotinnés sous la Révolution, concordat sous l’empire, puis, parce que les curetons voulaient toujours pas comprendre ce qu’est la démocratie, une urne et un isoloir, loi de séparation et affaire des inventaires, autrement dit des églises, des couvents dont les portes furent fracassées à coups de hache pas la troupe. Rien de glorieux, mais la France républicaine et catholique a dû se résoudre à en passer par là.
Et aujourd’hui, dans l’affaire Charlie Hebdo, la France se couche devant de nouveaux corbeaux. C’était bien la peine de prendre la Bastille et d’écrire la Déclaration des droits de l’homme pour régresser à ce point. Si la religion n’est pas soluble dans la République, ce n’est pas l’affaire de la République. Et si demain, pour une raison x ou y, il fallait refaire contre des mosquées ce qui a été fait en 1905 contre des églises, en seriez-vous toujours capables, vous, Français (je suis québécoise), toujours prompts à faire la leçon aux autres ?
Réveille-toi, Voltaire, ils sont en train de devenir fous...
Encore une fois d’accord avec ce qu’écrit JPImmarigeon, et je ne comprends pas où veut en venir Sylvain Reboul. Etat central ou fédéral, quelle importance ? Est-ce que mon drapeau à fleur de lis flotte devant le siège de ONU, le Québec est-il membre permanent tournant du conseil de sécurité ? et c’est quoi ma monnaie ? Il n’y a aucune honte à être canadien, on pourrait être plus malheureux, mais faire croire que nous sommes au même rang que les autres nations est de la triche. Nous sommes comme l’Ecosse et la Catalogne chez vous. Qu’Ottawa nous vote le statut de « nation » a autant d’impact réel que lorsque l’Ecosse est une des 5 « nations » de votre tournoi de rugby. Ca fait plaisir... mais après ?