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  • sdo 7 avril 2009 00:27

    Bonjour,


    L’article est incomplet car il ne liste que les aspects négatifs de la prohibition : délinquance, alcool frelaté, ... mais n’évoque à aucun moment le bilan global en matière de santé publique. Le cinéma s’est plus intéressé aux gangsters qu’aux centre d’alcoologie ! 

    La prohibition était basée sur un moralisme étroit, certes. Mais elle venait aussi dans un contexte particulier. L’alcoolisme était une réalité plus que sérieuse en Europe au 19ème et au début du 20ème (relire zola !). C’est bien de noter que le rejet de l’alcool correspondait aussi à un rejet des immigrants du sud de l’Europe. Mais il y avait tout de même une dimension objective sur les dégâts de l’alcool. Et la prohibition a tout de même conduit à une réduction de la quantité totale d’alcool et par là même à une réduction des cas de pathologies liées à l’alcolisme chronique. Il y a donc en balance les morts de la guerre des gangs mais il y a aussi ceux qui ont évité la cirrhose, ...

    Il y a donc deux point de vue qui s’affrontent, chacun avec des arguments sérieux. C’est bien exprimé dans cet article de B. Le Beau :

    "Arrétons nous sur le bilan que l’on peut tirer de la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis. Il reste un modèle en termes d’analyse des coûts et bénéfices et suscite encore bien des polémiques tout à fait actuelles. Pour ses partisans, la prohibition de l’alcool a protégé la majorité de la population et a fait drastiquement chuter les morts chroniques liées à l’alcool : les services de médecin et de psychiatrie se vident progressivement de patients au foie et au cerveau lentement rongés par le toxique. Certes, répondent les adversaires de la prohibition ; mais c’est oublier un peu vite trois grandes conséquences de la prohibition de l’alcool : tout d’abord, les morts aiguës liées à des alcools frelatés et qui annulent largement, en nombre, les bénéfices liés à la diminution de l’alcoolisme chronique. C’est ensuite la constitution à l’échelle du pays tout entier d’un syndicat du crime qui prend possession de ce marché devenu clandestin. C’est enfin la criminalisation et l’incarcération des usagers eux-mêmes livrés à la fréquentation des trafiquants et à une consommation d’autant plus dangereuse qu’elle est désormais secrète.

     Le débat ainsi posé peut se résumer ainsi : la prohibition protège une majorité de personnes de la rencontre avec le produit interdit parce qu’il relève du marché clandestin. Ce faisant, elle limite les conséquences liés à la consommation chronique de cette substance si elle était légalement accessible. A l’inverse, elle multiplie les morts aiguës liées à des produits frelatés et permet la constitution d’un marché clandestin, hors de toute forme de contrôle. Ce marché clandestin est pour une bonne part tenu par le crime organisé. Il rend sinon impossible du moins difficile une prévention des dommages auprès d’une population d’usagers devenue elle-même clandestine. Aujourd’hui la prohibition des drogues telles que le cannabis, les dérives opiacés, la coca et la cocaïne, l’ecstasy etc, a les mêmes conséquences que la prohibition de l’alcool mais à l’échelle de la planète. La question centrale est donc celle des coûts et bénéfices."

    La suspension de la prohibition par les autorités américaines elles-mêmes laisse à penser que les inconvénients : délinquance, ... l’emporte sur les avantages. L’exemple américain constitue donc un argument contre la mise en place ou le maintien de la prohibition actuelle sur certaines substances.

    Mais la focalisation du débat sur le pour ou contre la prohibition marginalise l’autre débat sur la question de santé publique. La toxicité d’un produit n’est pas lié à sa légalité mais inversement l’inocuité d’un produit n’est pas liée à son illégalité. Ce n’est pas en rendant légal tel ou tel produit qu’on changera l’impact que peut avoir sa consommation sur un individu. Le discours anti-prohibition esquive, à mon avis, un peu trop rapidement ce débat. La re-introduction de la prohibition partielle sur l’alcool est sans doute inéfficace, ringarde et maladroite mais quelles propositions ont les anti-prohibitionistes pour limiter les dégâts de la défonce à tout prix que l’on constate chez les jeunes.







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