Le GISTI indique les possibilités théoriquesd’accès à des droits. D’une part, cela ne veut pas dire qu’ils aient plus de droits que d’autres, d’autre part la réalité est toute autre. Ne serait-ce que l’accès aux soins qui est devenu une véritable course d’obstacles - surtout depuis la loi sur l’immigration du 1er janvier 2004 - y compris pour des patients qui ont obtenu le renouvellement de leur titre de séjour.
Bill : « [...]il ne faut pas non plus oublier qu’ils ont certains droits, et même plus de droits que les autres ! Ils n’ont pas de cotisations à régler sur leurs feuilles de paye, et bénéficie de l’AME, c’est à dire la sécurité sociale gratuite. Ils perçoivent également d’autres aides[...] »
Pas de côtisations ? Vous vous trompez, ils sont sans-papiers mais l’entreprise ne les paye pas au noir, ils touchent des salaires, et à ce titre cotisent sécu, social et retraite comme tout salarié, bien sûr il y a peu de chance qu’ils en bénéficient, maintenant, ou plus tard. Quant à dire qu’ils ont plus de droits que d’autres, ça relève au mieux du fantasme.
Ce « système » - qu’il soit voulu ou juste permis - arrange dans une certaine mesure les différentes parties. Ce sont les contrôles d’identité et de permis de séjour qui, je crois, ont « déséquilibré » le système. Au final, il reste qu’il s’agit de la vie de personnes qui bossent depuis des mois, ou des années (jusqu’à onze ans à ma connaissance) dans cette société, tout en restant caché du reste de la société civile. Ils ont droit à leur dignité. D’un autre autre côté il y a une certaine hypocrisie de dire aujourd’hui qu’ils sont parmi les meilleurs éléments, et qu’ils seront ré-embauchés si leurs papiers sont en règle.
Il reste qu’il y a un problème de demande d’emplois dans les secteurs du BTP, et de la restauration. Tout le monde n’est pas prêt à effectuer le travail que ces gens font. Peut-être en viendrons nous à des contrats spécifiques pour des travailleurs immigrés comme cela se passe pour les saisonniers chez les maraichers.
On peut avoir divers points de vues sur le sujet, on peut débattre toute la nuit si vous le voulez, mais la seule réalité est celle vécue par ces hommes.