Je suis Thierry Meyssan. Je prends connaissance de cet article et ce forum. Je suis surpris de constater que les contributions ne portent pas sur mon dernier livre, mais sur un ouvrage précédent.
Quel que soit ce que l’on critique, la qualité de ce forum dépend de ce que les intervenant sachent de quoi ils parlent. Empruntez mes livres en bibliothèque ou volez-les, mais lisez-les avant de les critiquer ! Ne confondez pas des « on-dit » et des préjugés avec des analyses sourcées et argumentées.
J’observe l’avalanche de réactions à mon article. Elles se répartissent en deux catégories :
1) des critiques ad hominem, qui tiennent exclusivement de l’injure et de la diffamation. Elles se nourrissent de fausses informations que j’ai plusieurs fois démenties. Elles n’appellent pas de réponses.
2) une discussion pour mieux cerner ce qui rapproche les diverses causes que MM. Glucksmann et Sarkozy défendent ensemble. Plusieurs intervenants soulignent que leurs prises de position se résument à défendre les intérêts des États-Unis et d’Israël. Pour ma part, je voudrais en revenir à mon propos initial : la rhétorique de l’ingérence humanitaire ou démocratique est une hypocrisie pour justifier des guerres de conquêtes. Il n’y avait rien d’humanitaire à bombarder le Kosovo et il n’y a rien de démocratique à occuper l’Irak. La seule ingérence humanitaire louable, c’est d’établir une solidarité Nord-Sud et de développer les économies des pays où l’on a faim. La seule ingérence démocratique louable, c’est de reconnaître la souveraineté populaire et d’aider à l’éducation des citoyens. Les révolutionnaires du 18e et 19e siècle que j’ai cité nous en ont donné l’exemple.
Comme l’ont souligné plusieurs intervenants, le problème ce n’est pas le parcours personnel d’André Glucksmann, mais ce sont ses motivations.
Il y a une logique à soutenir à la fois le « droit d’ingérence » (c’est-à-dire en pratique le droit du plus fort à s’installer chez le plus faible), la guerre d’Irak (c’est-à-dire l’occasion pour les USA et le Royaume-Uni d’étendre leur contrôle des champs pétroliers), et l’offensive israélienne au Liban (c’est-à-dire la capacité d’un petit État de violer impunément depuis des décennies le droit international).
Cet article entend uniquement démontrer la duplicité d’un beau discours qui vise à masquer une logique de puissance.