Une fois les élections gagnées, Tammany Hall contrôlait la mairie et les budgets de la ville. Cela ouvrait la porte au « Greffe » (la corruption politique) : les contrats de construction publique (routes, métros, bâtiments) étaient surfacturés, et la différence retournait dans les poches des dirigeants de Tammany Hall et de leurs complices.
Pour s’assurer que le résultat des urnes soit toujours favorable, Tammany Hall utilisait des méthodes frauduleuses bien rodées :
Le « Repeat Voting » (Le vote répété) : Des hommes payés par l’organisation, appelés les repeaters, allaient voter plusieurs fois dans la même journée dans des bureaux de vote différents, sous de faux noms.
Les « Flops » et les listes fantômes : Les agents de Tammany Hall inscrivaient sur les listes électorales des personnes décédées, des animaux, ou des résidents d’hôtels bon marché (les flop houses) qui n’existaient pas.
La technique de la barbe (« The Beard Method ») : Pour voter plusieurs fois sans être reconnus, certains repeaters se présentaient d’abord avec une barbe complète, puis revenaient après s’être rasé les joues pour voter une deuxième fois sous un autre nom, et enfin une troisième fois entièrement rasés.
Le contrôle physique des bureaux : Les gangs de rue alliés à Tammany Hall (comme les gangs irlandais ou les Plug Uglies à une certaine époque) s’installaient devant les bureaux de vote. Ils intimidaient physiquement les électeurs de l’opposition ou détruisaient les urnes si les résultats semblaient défavorables.
Tammany Hall est le nom donné à la machine politique qui a dirigé d’une main de fer le Parti démocrate à New York, du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle.
Pour maintenir son pouvoir absolu, cette organisation a perfectionné l’art du trucage électoral et de la corruption à une échelle industrielle.