Néanmoins, reconnaissons qu’il y a un faisceau d’évidences qui vont dans le sens de mon analyse : ...
Je ne conteste pas particulièrement votre argumentation sur les points que vous avancez, bien qu’ils ne reposent que sur une expérience passée (et la dernière sanction aux régionales a pesée lourd). Je me pose surtout la question du devenir de l’UDF en cas d’opposition PS/UMP au second tour ; il me semble qu’il y a là un point important d’un point de vue politique qui est non négligeable.
Si l’UDF joue la neutralité entre les deux tours c’est, à mon sens, sa mort annoncée, elle n’aura plus aucun poids politique durant 5 longues années. L’UDF devra donc choisir son partenaire politique si elle veut influencer un minimum la vie politique française. Cela devrait donc intervenir entre les deux tours ; la position de Bayrou est logique dans sa position actuelle, il ne peut déjà annoncer son soutien à l’un ou l’autre au risque de perdre toute crédibilité.
Ensuite, mon analyse sur l’intérêt objectif de la gauche à paticiper à un gouvernement Bayrou est plus personnelle, mais je pense, logique. Cependant, j’attends avec intéret vos arguments contraires.
C’est une position que je partage avec vous, mais les candidats sont trop engagés pour admettre ouvertement cette option. La seule option qui restera est donc soit d’avoir des membres du PS au sein d’un gouvernement Bayrou ou des membres de centre et centre droit soutenant Bayrou dans un gouvernement Royal ; et cela ne se décidera qu’entre les deux tours.
Quoiqu’il en soit, Bayrou n’aura, à mon sens, aucun intérêt à rester neutre, il lui faudra négocier une forte participation au sein d’un futur gouvernement avec des élus aux législatives à la clef (quelle que soit son orientation entre les deux tours, il sera prépondérant). Le PS, aura, sans aucun doute, plus intérêt à négocier avec l’UDF qu’avec son aile gauche (sachant que l’aile gauche votera contre Sarkosy) ; il risque donc d’y avoir une stratégie assez novatrice si Royal est assez fine ; et sur ce point, il ne faut pas trop douter de ses capacités (n’est-ce pas ce que prépare Rocard ?). A mon sens, c’est la meilleure stratégie pour le PS ; il va dans son intérêt d’avoir un parti centriste, ce qui n’est pas le cas de l’UMP.
Cependant, je ne suis aucunement un spécialiste politique, je vous émet un avis de non expert. La seule chose dont je puis être certain est que Bayrou apporte une bouffée d’air frais dans la mouvance politique française en faisant bouger les lignes. Le doute est que cette redéfinition est trop fraîche pour qu’il puisse être au second tour. C’est donc sur une perspective d’avenir que tout se jouera, partant du principe que l’action politique est une action à long terme !