Quentin (7/7), vous êtes un peu hors sujet, non ?
« Faut pas rêver. Le référendum européen s’est joué à Varsovie, à partir des craintes d’une majorité d’électeurs qui ne sauraient même pas allumer un ordinateur. »
Qui parle du TCE ?
« Le petit pour cent d’internautes conscientisés ne pèsent pas plus d’un pour cent dans les votes quels qu’ils soient et ce n’est pas parce qu’ils monopolisent le crachoir comme cinquante chacun, qu’ils peuvent aspirer à une majorité absolue. »
Vous connaissez des avancées sociétales qui, au moment où elles ont été conçues, puis discutées en petit comité, n’allaient pas contre l’opinion de la majorité, les idées reçues de la majoritée, ... ?
Et d’ailleurs, pourquoi les aurait-on conçu en petit comité sinon ?
Si vous répondez bien au message, et ne nous faites pas le coup de nous ramener à un projet déjà enterré, j’en déduis que ce qui vous gène chez Etienne Chouard et ses collaborateurs n’est pas tant leurs idées, mais le fait que vous trouvez leur démarche inutile. Vous êtes comme la majorité, quoi.
E. Chouard a choisi d’entreprendre sa démarche seul, nous sommes aujourd’hui un certain nombre, demain plus, ...
- parce qu’il y a grande nécessité d’avancée démocratique (et d’ailleurs, les masses le ressentent, en extrême majorité, même si c’est de mille manières).
- parce que ce qui pourrait constituer après demain une avancée qui soit aussi une proposition admise par la majorité a de grande chance de ne pas obtenir tant d’adhésion au présent. Bien sûr, cela est un pari : un chercheur cherche tous les jours, il trouve quand il trouve. Et d’autres projets de ce genre sont nés, et naîtront par ailleurs. Même si au final, le plus probable est encore que toutes ces propositions de constitutions soient non pas des projets soumis au vote, mais ce qui contraindra vraiment les pouvoirs en place à déclencher eux-mêmes la formation d’une Constituante. Le nombre des projets, l’ampleur de leur publicité, et leur niveau d’adhésion, c’est ce qui sera le moteur de cette contrainte. Si certaines propositions citoyennes marquent vraiment des avancées et obtiennent à la fois une adhésion et une publicité significatives (les deux vont plus ou moins de pair), alors cela mettra la barre d’autant plus haute aux décideurs qui fixeront le cahier des charges soumis pour la constituante, ou celui qu’elle se fixera elle-même.
« croire que l’Internet peut jouer un rôle politique revient à se situer dans la ligne de Rousseau et de quelques autres imbéciles de moindre renom, s’imaginant que les électeurs sont avides d’informations afin de pouvoir se déterminer en toute connaissance de cause. »
Vous enfoncez une porte ouverte en rappelant que (de tous temps), les masses dorment, et ne vont pas vers l’info (quand ils la reçoivent si elle vient à eux). Je n’ai pas croisé une personne dans l’année qui m’ait dit l’inverse.
Quand vous écrivez cela, vous oubliez peut-être que le « rôle politique » dont il est question sur ce volet se réfère à un projet de type particulier, qui ne peut commencer par chercher l’adhésion à très grande échelle, parce qu’il s’attache à une question qui n’intéresse pas grand monde (élaborer une constitution), et parce qu’il combat sinon des idées reçues, l’habitude de croire que ce qui existe depuis des lustres est ce qu’on peut faire de mieux, « maintenant qu’on est en démocratie », ... et que si on n’a pas ça et ça, il doit bien y avoir une raison sérieuse, que seuls comprennent des gens très intelligents. Bref, le trompe l’œil a fait des clichés bien acquis.
Votre critique serait plus appropriée par exemple sur le volet « De la démocratie Internet ». Pour parler par exemple de gestion de campagnes pour telle ou telle ratification de proposition déjà faite. Vous parlez de « pouvoir se déterminer en connaissance de cause » : vous situez encore les citoyens dans une positions où ils répondent à une question posée, non ?
« Si les masses étaient capables de réflexion, les campagnes électorales (spots télévisés, meetings, tractages et autres) seraient superflues et les slogans les seraient encore bien davantage. Les gens auraient fait leur choix sur des bases autrement plus sérieuses. »
Vous retombez dans le même amalgame, ou bien vous êtes encore hors sujet : vous comparez le principe de consentement de la majorité sur une proposition finalisée et l’élaboration d’une proposition qui se veut révolutionnaire (pardon si le mot vous effraye, disons une avancée démocratique), qui elle ne peut pas dès l’origine inclure des milliers de gens, et le consensus (le socle des idées reçues) de la majorité d’un peuple... sinon ce n’est pas une avancée.