les sondages ont déjà dit beaucoup, et trop sans doute ( http://www.tousmenteurs.fr ), mais dans la « vraie vie » chacun aura constaté la formidable désertion que subit le camp bayrouiste.
souvenez-vous, il y a deux semaines encore, trois maximum, au boulot, au café, en famille, partout on rencontrait des hommes et des femmes qui caressaient l’idée de voter Bayrou. aujourd’hui, c’est fini. on ne rencontre plus, ici ou là, que quelques « égaré » qui hésitent encore un peu et avec l’enthousiasme d’un pendu pour sa corde.
le mirage bayrou n’est plus qu’une brume grise. la brume se dissipant, c’est le désert que l’on découvre, l’immensité vide et terne d’une stratégie qui n’était que cela, de la stratégie. les français ne sont pas à ce point manipulables, ils savent que la France a besoin de changements, d’un nouveau souffle qui ne peut provenir d’une simple posture ni droite ni gauche, qui plus est sans projet, sans propositions concrètes et ambitieuses. on ne crée pas du plei avec du vide, encore moins une espérance.
à l’inverse, de plus en plus nombreux sont ce qui déclarent avoir choisi, s’être décidé à voter royal. il y a là un souffle, une énergie, une dynamique qui se met en branle. voter pour une femme, oui une femme, et un projet ambitieux, oui un projet, et une manière de concevoir la politique et la relation d’une candidate avec les français, oui les français, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, des français et des problèmes qu’ils rencontrent et auxquels il s’agit d’apporter des réponses, oui des réponses, concrètes, nouvelles et ambitieuses.
et puis il y a le cas Sarkozy. on ne peut contester qu’il y eut un élan. c’était il y a quelques mois. fini, ça aussi. c’est maintenant la méfiance qui domine, et la peur - légitime - et le rejet - nécessaire.
oui, le vent a tourné, on le sent bien - comme on l’avait senti tourner lors du référendum sur le projet de constitution européenne, et là aussi il avait tourné en dépit de la formidable résistance opposée par des médias quasi unanime, une presse presqu’insultante à l’égard d’un peuple qui débattait au fond, qui s’intéressait, qui faisait de la politique, un peuple qui refusait de se laisser manipuler par le prêt à penser médiatique, qui a dit oui, qui a dit non, mais qui l’a dit en conscience, toute réflexion faite.
les français n’hésitaient pas, ils réfléchissaient. on arrive au terme de cette réflexion et il semble bien que Ségolène Royal puisse en définitive bénéficier d’une campagne participative et de projet - car si les médias tentent de réduire sa campagne à quelques « petites phrases de meeting », c’est cette campagne-là qu’elle a conduite, une campagne qui propose, qui cherche à nouer un pacte avec les français autour d’un projet ambitieux et cohérent, où les préoccupations des français sont traitées au fond. une campagne digne et de proximité, d’une candidate qui a tenu debout malgré les coups, qui a fait preuve de sa capacité à assumer la fonction présidentielle.
oui, l’air du temps est au moins aussi parlant qu’un sondage. et quand ceux-ci tedent à confirmer ce que l’on ressent... c’est qu’une dynamique s’est mise en marche.