Tiens, je crois que je suis assez bien placée pour répondre au sujet des premiers secours
Voilà : à l’université, en deuxième année, si ma mémoire est bonne, on a suivi justement le cours d’initiation. J’ai eu une bonne note, mais plus tard j’ai pratiquement tout oublié, sauf quelques bribes de la théorie. Ensuite, déjà avec le diplôme, j’ai eu un poste d’enseignante à l’école de médecine, et j’avais justement les premiers secours à enseigner (en plus d’autres matières). J’ai dû tout reviser avec application, pour ne pas avoir l’air idiot devant les élèves, mais ce n’est qu’au bout de plusieurs heures d’enseignement que la chose m’est rentrée dans la tête (non, je ne suis pas trop bête, j’ai eu le diplôme avec mention
Comme dit une blague : « Quel élève débile que j’ai ! Je lui explique une fois - il ne comprend pas, je lui explique deux, trois, vingt fois - il ne comprend pas... Même moi, je commence à comprendre, et il ne comprend toujours pas ! »
Tout ça c’est pour dire que les bases, on peut les apprendre un peu, mais si on ne les révise pas assez souvent, elles s’oublient. C’est encore plus vrai pour les langues... je ne discute pratiquement pas dans ma langue maternelle, et il m’arrive d’avoir des cafouillages dans la conversation. Pourtant, l’écriture et la compréhension vont bien
Et les bases, elles s’oublient avec une vitesse incroyable. En plus, les bases sont tellement insuffisantes, j’en sais quelque chose... On peut apprendre à additionner, soustraire, diviser et multiplier, et pour plusieurs ces comptétences mathematiques sont largement suffisantes. En langues, ça ne marche pas comme ça.
Et il reste la question majeure : arriver à un niveau équivalent à des bases, comme c’est le cas de la majorité des bacheliers, avec de telles dépenses du temps et de mémoire... cela vaut-il le coup ?
Quand il nous faut enfoncer un clou, on prend un marteau ordinaire. Mais si on nous donne un énorme marteau que l’on ne peut pas soulever sans avoir fait des années d’haltérophilie, et quand on arrive enfin à le soulever, on tord le clou en tapant dessus, c’est que l’outil est mal choisi. Pareil pour la communication - il faut un outil simple et adapté, et non un énorme engin qui convient peut-ête a une autre chose mais pas à celle dont nous avons besoin.