@ D. West
Merci pour ce bon papier. La peinture de Hopper est fantastique dans tous les sens du terme. Sa peinture est un mélange de genres : il y a de l’impressionisme et du surréalisme (quelque chose de Delvaux parfois, les trains et les corps de femme nues, peut être ?)... Plus que cela, son caractère exceptionnel vient du fait que c’est une peinture à la fois très complexe sous des apparences de simplicité, au couleurs très subtiles sous une apparence de monotonie, une peinture très riche sous une apparence de dénuement, et très inquiétante sous des apparences de sereine tranquillité.
C’est probablement ce dernier point que j’aime le plus dans sa peinture avec un art pour le cadrage « qui tue ! Je trouve la composition d’une toile comme « Tôt un dimanche matin » dérangeante, et très inquiétante alors même que ce décor anodin de ville et l’absence de personnage devrait l’apparenter à une nature morte... Regardez aussi « Chambre près de la mer », « Fenêtres de nuit », « Août en ville », « Maison au crépuscule »ou ‘Femme dans le soleil », la liste n’est pas limitative... Parmi toutes ses toiles, trois autres (au moins) me fascinent : « People in the sun », là aussi pour le cadrage, pour le thème fascinant qui va bien au-delà du titre et de l’instant représenté, pour l’immobilité du moment contrarié par la tension que l’on voit dans certains personnages, modulée par l’inattention d’un quatrième... Il y aurait encore beaucoup à dire... Regardez aussi « Ground Swell », une belle journée probablement au large de Cape Cod, des amis sur un voilier proche d’une bouée, tout à l’air calme. Une seule vague barre la toile, comme pour rappeler que le danger n’est jamais loin en mer... Coté inquiétant, tous les passagers semblent regarder avec intensité autour de la bouée, seul objet avec leur bateau, prisonnier entre le ciel et l’eau... Remarquable ! Troisième toile, « cape cod evening », un soir d’été semble t il tranquille, une composition illuminée sur sa droite où se trouve une maison et deux personnes en train de prendre le frais. A gauche, la toile est sombre, on discerne et imagine un bois. Au milieu, dans les herbes, un chien tourne sa tête et dresse ses oreilles vers la partie sombre de la toile... Est-il le seul à avoir eprçu un danger ? Mystère...
A noter qu’il ya eu une très belle expo Hopper en 2004 à la Tate à Londres, que j’ai loupée (argghhhhh !). Une petite expo très intéressante a eu lieu aussi voilà quelque année au musée américain de Giverny, où furent présentées ses premières œuvres. J’avais gagné ds entrés poru celle-ci ! Fort intéressant pour comprendre l’itinéraire de ce génie. Encore merci pour ce papier !
PS : J’adore aussi « la maison près de la voie ferrée » !