Comme beaucoup de Scientifiques-citoyens, je pense que l’énergie nucléaire sera la methode la plus écologique pour produire au 21 eme siècle l’énergie dont a besoin l’Humanité pour se développer.
Mais je veux surtout intervenir sur les données de l’article initial, car s’il est difficile de faire sortir les ecolos de leur religion antinucléaire par des arguments raisonnables, j’aime qu’on argumente en connaissance de cause.
Les rendements : on définit le rendement d’une machine thermique par sa capacité à transformer l’énergie calorique en énergie mécanique (électricité en fait). La limite des centrales nucléaires tient surtout a l’utilisation d’un materiau particulier-le zirconium- pour envelopper les gaines combustibles de Uranium (ou MOX). celui-ci a tendance a s’oxyder vers 320 C. Or c’est la plus ou moins haute température du réacteur qui limite le rendement. Sur les PWR (REP),
ça fait donc a peu pres 40% comme limite (les derniers construits en
France donnent 34%, l’EPR sera à 36%).
On peut relever cette température dans les réacteurs a neutrons rapides (Surgénerateur, génération IV, ou superphenix) car on travaille vers 600C avec des gaines en acier inoxydable. Ces réacteurs auront des rendements supérieurs a 50%, ils sont cependant plus difficiles a developper, et la France avec Superphenix s’est lancé trop tot : il y avait encore beaucoup trop d’uranium.. et de petrole peu cher...
Pour les rendements, vous confondez rendement pour créer de la chaleur et pour créer de l’electricite : dans les machines combinées, on utilise une partie de la chaleur pour faire de l’electricité et une autre pour de la chaleur. Sachez que ca melange deux problemes : une chaudière de bonne qualité a un rendement autour de 80-90%, mais elle ne fournit pas d’electricité. Si vous voulez comparer le rendement d’une installation nucléaire, il faut parler des centrales à cycle « hybride », qui ne produisent que de l’électricité, mais qui utlisent en cascade deux machines : une turbine a gaz tres haute température et une turbine a vapeur de température plus basse.
On atteint alors 60%, ce qui est un progrès déjà remarquable. Mais on rejette toujours pas mal de CO2 : 4 Mt COS/an avec une centrale au gaz naturel, le double avec le charbon pour l’équivalent de l’EPR, qui ne necessite que 200 Kg de U naturel.
Le plutonium produit est une chance pour l’avenir : on le recycle (MOX) dans les centrales actuelles, et il sera le moyen a l’avenir de fertiliser les 98% de l’uranium qui n’est pas utilisé aujourd’hui grâce aux cycles surgénérateurs.
Les pertes : il y a a peu pres 8% de l’électricité qui est perdu entre la génération de la HT et dans le transport en ligne. C’est certes un problème, mais je doute beucoup que ce soit propre au nucléaire : il a fallu faire des lignes a haute tension pour transporter l’électricité des éoliennes allemandes (quand le vent souffle) du Nord vers le Sud, ou pour transporter lélectricité des centrales nucleaires vers le Nord quand il est en manque...
On perd aussi (6%) dans la séparation isotopique gazeuse, mais dans 5 ans, à peu près, c’est fini : on est entrain de passer a la centrifugation !
Bon je vous quitte, mais pourquoi meme un artiste ne pourrait pas avoir un peu plus d’optimisme sur le progrès ?