À Vincent.
Vous écrivez :« Peu importe les idées véhiculées ou défendues dans ce discours, ce qui compte toujours selon moi, c’est la pertinence et la structuration du discours. »
C’est bien là la ligne de partage des eaux qui nous oppose.
1- L’apprentissage de l’expression tant écrite qu’orale trouve sa finalité dans les idées non à « véhiculer », comme vous dites, mais à défendre ou à combattre. Une idée ne se véhicule pas dans « une benne de camion », mais elle se défend ou se combat.
2- Des idées à défendre ou à combattre justifient pour une personne son apprentissage des meilleures techniques pour y parvenir. Elles motivent et mobilisent la personne.
3- Dans le cas contraire, ces techniques perdent de leur intérêt. À quoi bon perdre son temps à les apprendre si rien ne vaut la peine d’être défendu ! À quoi sert de se fatiguer à apprendre l’art de la guerre s’il n’y a rien à défendre !
4- Est donc instillée simultanément et sournoisement dans les esprits l’idée fausse que toutes les idées se valent, que tous les intérêts sont respectables.
5- C’est, je crois, ce que Platon reprochait déjà dans son dialogue « Gorgias » aux sophistes capables de soutenir tout et le contraire de tout : leur amoralisme qui est la mort de toute société
Voilà où en est l’Éducation nationale. À quoi s’ajoute un « corpus » d’erreurs incroyables dans le domaine de l’information... Mais ça ne gêne personne, surtout pas évidemment ceux qui en tirent bénéfice. Paul Villach