Bernard Dugué
La réfutation à laquelle tu te livres, lapidaire, me semble reposer sur deux choses distinctes.
Un, Marx en tant qu’analyste du capital et du salariat compose un socle qui est encore pertinent pour décrire le capitalisme d’aujourd’hui.
Michel Husson, spécialiste en économétrie, membre du corps des administrateurs de l’INSEE, nous le montre assez bien dans son texte « Comprendre le capitalisme actuel ».
Deux, ta réfutation contient en germe un problème/solution qui, à mes yeux, représente le deuxième terme de la borne que tu poses. Il s’agit de la décroissance et des formes diminuées, réduites, supprimées du capitalisme qu’elle induirait, appelant par ce faire à l’occultation, l’oubli des analyses marxistes.
Devant ce capitalisme pourrissant dont la notion de décroissance souligne les limites, il est vrai, il paraît assez naturel de vouloir penser un autre type de société qui ne reproduise pas les impasses actuelles. Ce qui est en filigrane de ce que tu écris, me semble-t-il.
Si ce projet fera du neuf et projetera dans les esprits un autre monde, une autre économie, nul doute qu’il ne pourra faire l’impasse sur une analyse serrée du capitalisme actuel, pour se projeter avec force et rigueur vers l’avenir. Il devra, donc, utiliser la pertinence de Marx pour le dépasser. Je crois bien que Marx aurait qualifié ce mouvement de dialectique. Ce qui ne saurait lui déplaire, comme hommage et comme lucide raison agissante, par et au-delà de sa pensée.