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Commentaire de Nemo

sur La crise financière pour les nuls


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Nemo 21 août 2007 17:36

@l’auteur

Très bon article auquel il manque un détail de taille le mécanisme par lequel les gens se sont mis à acheter les titrisations de dettes de ménages peu aisés et donc risqués. Les titres en question -et que l’on me corrige si je me trompe- étaient issus d’un mélange pondéré de prêts.

Chaque titre était un mix entre 70% de particuliers ayant tous les 2 un travail, et parfaitement capables de s’acheter un bien immobilier (type AAA si mes souvenirs sont bons), 20% étaient dans la même situation, mais demandaient une rallonge de crédit en fonction de l’évolution de la valeur du logement (credit revolving, très utilisé Outre-Manche) pour financer des dépenses de consommation, 7% utilisaient la facilité d’accès au crédit pour spéculer sur l’augmentation de la valeur de leurs achats et financer l’achat de nouveaux, et enfin 3% représentaient ceux dont on parle tant, les ménages en situation financière précaire.

70%-20%-7%-3%. Ces titres « noyaient » les évenuels mauvais payeurs au milieu des bons - et donc ne représentaient pas un risque trop important - mais comme les 20%-7%-3% payaient des taux d’intérêts plus élevés que les 70%, ces titres avaient un meilleur rendement que les autres titrisations de crédits immobilier.

Il y a eu une bulle des subprimes parce les marchés financiers ont cru avoir trouvé - et pendant un certain temps ont effectivement trouvé - la quadrature du cercle, le beurre et l’argent du beurre, un placement à haut rendement avec une grande sécurité.

Le système était un géant aux pieds d’argile car le critère fondamental sur lequel il était fondé était que les prix de l’immobilier montaient. Lorsque pour des raisons physiques, à savoir une offre immobilière largement suffisante pour répondre à la demande, les prix ont cessé de monter, 30% de la valeur de ces titres était mise à mal.

Les 20% dont la valeur immobilière baissait sont obligés de rembourser par avance leur prêts - ce qu’ils ont avoir du mal à faire, et ce d’autant plus qu’ils avaient demandé ces crédits pour financer des dépenses de consommation.

Les 7% qui spéculaient sont obligés de revendre en catastrophe l’ensemble de leurs biens pour faire face à ces demabndes de remboursements anticipés.

Et les 3% se retrouvent à la rue.

Le problème de cette correction est que l’on ne sait pas qui a acheté ces titres et en quelle quantité, et ce d’autant plus qu’ils pouvaient parfaitement être achetés pour faire travailler la trésorerie des entreprises. D’où une incertitude quant aux rentabilités de l’ensemble des entreprises présentes sur les marchés boursiers et des prises de bénéfices en attendant d’y voir plus clair.

Il y a un élément que l’on oublie de trop, c’est la capacité des marchés - composés tout de même rappelons-le d’êtres humains - à apprendre. C’est pourquoi je rejoins l’analyse de l’auteur quant à la non-contamination de cette correction sur le reste de l’économie.

Pour preuve, la réaction immédiate des banques centrales. Quant à ceux qui s’offusquent que la BCE ait « donné » 250 milliards, ils font partie de ceux qui parlent sans savoir. Les banques centrales ont prêté de l’argent aux banques commerciales. A 4% et des poussières. Point à la ligne. Cet argent qu’elles ont prêté aux banques, ces banques vont le leur rembourser - elles l’ont déjà fait, chaque jour, puisqu’il s’agit de prêts journaliers.

Et si je compte bien, la BCE a donc empoché 27,4 millions€ le jour où elle a mis ces 250 milliards à disposition des banques. Et dans le même temps, elle a rassuré les marchés en leur montrant qu’elle avait confiance dans la solidité des banques commerciales - et donc du système financier dans son ensemble. Tout bénef.

En revanche, sur la question des relations entre l’excédent commercial chinois, son placement en bons du trésor américain, et le financement de la consommation américaine, j’aurais besoin de quelque éclairage sur le lien de cette question avec les fusions récentes, programmées, avortées des bourses européennes et américaines.

En partant du constat qu’un marché financier est intéressant à partir du moment où sa liquidité est assurée (donc avec une taille très importante) et où les transactions sont efficaces (rapidité, faiblesse des coûts de transaction,...), je me demande si le projet de fusion des trois grandes bourses européennes (LSE, Euronext, Deutsche Börse) n’a pas capoté à cause du risque trop important qu’il faisait porter au système financier mondial.

Voici le raisonnement : si ces trois grandes bourses fusionnaient, l’ensemble aurait atteint une taille supérieure à celle de Wall Street. Avec une liquidité plus grande et des transactions compétitives, il y avait certainement un vrai potentiel de transfert des échanges financiers de Wall Street vers l’Europe, avec un potentiel effet « boule de neige » en prime.

La fuite d’une partie de ces transactions auraient aggravé le différentiel qui se serait auto-entretenu et amplifié. La conséquence aurait été la réduction de l’excédent de la balance des paiements - voire son passage en déficit - qui finance à l’heure actuelle le déficit commercial américain et déclenché la crise dont vous dites qu’elle nous pend au nez.

La faillite des USA, victoire à la Phyrrus des anti-mondialistes, car elle plongerait nos sociétés dans une grave récession.

D’où le mariage « contre-nature » du NYSE avec Euronext.

Qu’en pensez-vous ? S’agit-il d’un n-ième mélange bancal de raisonnement économique et de la théorie du complot ou est-ce une hypothèse qui tient debout ?


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