A lire ce puissant résumé, on ne comprend vraiment pas pourquoi la presse masculine s’est effondrée en seulement 5 ans en France...
L’industrie cosmétique cherche à travers la presse magazine masculine à faire le même carton qu’avec les femmes (voir les tonnages de pub dans Marie-Claire, à l’éditorial quasi-disparu). Malheureusement pour les publicitaires, les hommes restent des hommes, et ne « tripent » toujours pas sur les crèmes de jour, ou de nuit.
Tant que la presse mag pour hommes n’aura pas compris ça, elle se cassera la figure. Ceci dit, même en misant sur le sexe, le trash, la télé, le people, les révélations sordides, les photos choc, on peut perdre 100 000 lecteurs par an (cf Entrevue).
Alors quoi ? Quelle est la solution ?
Des papiers peut-être un peu moins creux (« J’ai testé le speed dating »), un peu plus intéressants (« Les blondes sont-elles vraiment blondes ? »), moins démagos (« 24 heures avec Clara Morgane »), moins conso (« Génial la dernière console XXX »), plus profonds sans être repoussants.
De l’humour (et pas de la gaudriole), de la culture (pas du copié-collé), de la connaissance (pas du cliché), un peu de politique, de l’art (pas de la déco), tout ça en parlant de bagnoles, de nanas, de foot, de télé, de tout, mais avec du FOND !
C’est faisable.
Mais légèrement plus cher pour des titres qui payent de moins en moins leurs pigistes. Car la qualité a un prix.
Chez Maximal, un jour, ON a décidé de couper les piges extérieures en deux. Comme ça. Les propositions de papiers affluaient toujours, car les gens ont faim et un loyer à payer. Mais la qualité baissait, baissait...
Et puis, un autre jour, les lecteurs ont compris que c’était vide, du vent, nada, que dalle, alors ils sont partis. Et jamais revenus.
Aujourd’hui, en cherchant bien, on trouve sur internet tout ce qu’on trouvait dans les magazines pour hommes, et gratuitement. Alors pourquoi payer ? Il n’y a plus beaucoup de plus-value en presse, de plus-produit. La logique du marché est impitoyable, et Hachette l’a bien compris, puisque le groupe de presse enterre ses titres les uns après les autres. Pas assez rentables.
Ben oui, si les lecteurs désertent...
Il reste une chose en presse qui a de la valeur, c’est l’enquête, le travail de fond, la révélation. Mais tous ces morceaux prestigieux se retrouvent de plus en plus dans l’édition. On fait un livre plutôt qu’un article, qui sera mal payé, coupé, formaté...
Et maintenant, paraît qu’internet se met à l’enquête, et gratuite ! Paraît même que sur Agoravox...