@Marsu
Peux tu me citer une seule phrase de cet article qui exprimerait ses inquiétudes à propos de l’indépendance de la magistrature ?
Je viens de relire l’article (je parle bien de l’article et non des extrapolations qui ont suivis), je n’y ai lu qu’un auteur qui exprimait le sentiment que le président n’aimait pas les magistrats,ayant l’honnêteté intellectuelle de préciser :
« Les élites, la classe politique ressemblent à Nicolas Sarkozy et il leur ressemble dans le regard qu’il projette sur la magistrature. Les unes et l’autre nous craignent mais, au fond, nous méprisent. Elles ont peur de nous mais ne tentent pas de nous apprendre, de nous apprivoiser, de nous mettre sereinement avec elles dans le grand bain démocratique. »
ajoutant : "Décidément, j’en suis sûr, Nicolas Sarkozy n’aime pas la magistrature. Il s’inscrit dans une lignée de présidents de la République qui avaient chacun son idée ou son refus de la justice, sa vision de la magistrature. Charles De Gaulle absorbait la justice. Georges Pompidou la jaugeait avec son ironie de sceptique. Valéry Giscard d’Estaing, imprégné abstraitement de sa valeur démocratique, la situait tout de même en-dessous de sa propre grandeur. Jacques Chirac qui aurait pu être le plus réticent dans la mission qui lui était confiée, a joué pourtant son rôle, a fini par y croire et est devenu un garant de la justice tout à fait acceptable. Avant peut-être de la subir lui-même. François Mitterrand, m’a-t-on dit, détestait la magistrature depuis une ancienne expérience qui lui avait laissé un très mauvais souvenir, même s’il appréciait quelques magistrats qui ne l’étaient plus guère. Dans cette intelligence complexe et superbe, la justice apparaissait probablement avec trop d’évidente simplicité et de nécessaire manichéisme pour être acceptée.
Il aurait même plutôt tendance à dire le contraire, je le cite : « Le président de la République l’abandonne [la magistrature] à sa solitude et je ne suis pas persuadé qu’il veuille ainsi lui rendre hommage. Je perçois plutôt, dans ce désinvestissement, une ironie supérieure qui nous renvoie à notre indépendance puisque nous ne cessons, au moins théoriquement, de l’avoir à la bouche et à l’esprit. »