Je me souviens que Pierre R. évoquait il y a quelques semaines l’opportunité pour le Québec de demander son rattachement à la France (alors que son territoire a 3 fois la taille du notre !). Qu’est-ce qui peut bien nous valoir tant d’amour ? Ou peut-être n’est-ce qu’un simple pragmatisme francophone ?
Candidats rattachistes de tous pays, ne perdez pas de vue que la France n’est pas très douée quant il s’agit de reconnaître et de gérer les particularismes régionaux. La France est hypercentraliste et le rattachement supposerait de confier à des bureaux parisiens l’essentiel des décisions qui concerneraient votre... région.
La France n’aime guère et se méfie des identités régionales. Elle soutient ainsi sans réserve la lutte des Espagnols contre le terrorisme basque (bien sûr par ce que ce sont des terroristes mais aussi parce que l’idée d’une identité basque l’agace encore plus qu’elle n’agace l’Espagne habituée à gérer de multiples identités). Et je ne parle même pas du problème corse.
La France n’aime guère non plus les accents, et se moque régulièrement des vôtres, pourtant si chantants.
Alors avant de demander votre rattachement à la France, demandez-vous bien si vous êtes prêts à chanter la Marseillaise (un ancien futur premier ministre belge a déjà montré l’exemple), à parader notre drapeau, à standardiser votre accent, à oublier vos traditions et vos fêtes.
Et si la Wallonie demandait son rattachement au Québec ?