Bonjour cher Monsieur,
J’ai écrit une quinzaine d’articles sur Agoravox, peut-être moins. En tout cas, pour le moment, depuis environ le mois de mai, je n’ai plus trop envie d’y écrire. Voici pourquoi.
D’abord, Agoravox, par sa nature même, tombe dans le travers de la presse latine en général, en l’amplifiant : il s’agit avant tout d’un site de « commentaires » et non d’enquête, à quelques exceptions près. Par conséquent, un journaliste s’en fatigue vite.
Comme le dit souvent Dominique Wolton, ce qui « compte » dans l’information, c’est la hiérarchie notamment. Or, sur un site tel qu’Agoravox, la hiérarchie est fonction du nombre de lectures ou de commentaires si je comprends bien. Par exemple, j’ai « commis » un article sur Le Pen aux beaux jours de l’élection présidentielle. Un papier ni meilleur ni moins bon que les autres que j’écris habituellement. Mais ce papier, étant donné le nombre important de réactions qu’il suscita, se vit propulsé à la tête du site, puis sur les actualités Google ou Yahoo...
Or, le vrai journalisme est participatif par nature, puisqu’il doit faire preuve d’empathie. Seulement il doit faire aussi preuve de médiation et de lien. Pour y parvenir, il s’agit de respecter la rigueur, la nécessité de vérifier ses informations, la déontologie...
Rien de tout cela sur Agoravox. J’ajoute que dans la forme, le site manque de diversité dans les grilles de lecture. Par exemple, le rubricage est parfois flou, hasardeux, il manque des brèves, parfois des intertitres ou des chapeaux, etc... Toute chose qui ont fait leurs preuves chez les professionnels. Il ne s’agit pas de privilégier à tout prix les journalistes au détriment du grand public des internautes, mais il s’agit d’employer les méthodes qui suscitent l’intérêt, qui enrichissent la connaissance et développent l’esprit critique.