Me revoilà.
Je trouve que votre image du bouillon de culture est assez juste : il y a dans cet espace un peu de tout qui vient se mélanger. Mais par quel processus magique pourrions-nous en extraire des réflexions ? La société entière, avec ou sans internet, est un bouillon de culture, où se mélangent informations, rumeurs, fantasmes, peurs... En quoi AV nous permettrait-il mieux qu’autre chose d’en extraire du sens ?
Pour ma part, il me semble que c’est la fréquentation des grands esprits (disons Hannah Arendt, Bertrand Russell, Richard Dawkins, etc.) qui me permet de comprendre le monde un peu moins mal. Quant à la lecture de certaines théories sur le 11 septembre sur AV, par exemple, ça ne m’apporte rien sinon la contemplation du délire paranoïaque.
Il me semble d’ailleurs clair que ce n’est pas « monsieur tout le monde » qui rédige des articles pour AV. Il y aurait là une sociologie à faire, et aussi une psychologie... Quelles sont les motivations profondes des auteurs ? Peut-on en établir une typologie ? Et les gens qui, comme nous écrivent des commentaires, qui sont-ils, que veulent-ils ? Et ceux qui lisent AV ?
Personnellement, je ne viens pas sur AV pour y chercher des informations journalistiques. Mon intérêt est plutôt d’y sentir ce qu’une partie de mes contemporains pensent, et parfois de tenter d’y faire vivre quelques arguments qui me tiennent à coeur. Mais je suis très souvent déçu.