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Commentaire de Henri Masson

sur Défendons l'anglais !


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Henri Masson 13 octobre 2007 07:02

Et qu’est-ce que ça apporte tout ça ? Pendant que certains se livrent à la théorie, l’espéranto fonctionne dans la pratique. Il n’a jamais été aussi facile de le vérifier et de le constater qu’aujourd’hui, en particulier par Internet. Un des plus grands linguistes du siècle dernier en avait fait mention dès 1918 : « La possibilité d’instituer une langue artificielle aisée à apprendre et le fait que cette langue est utilisable sont démontrés dans la pratique. Toute discussion théorique est vaine. L’espéranto a fonctionné. » (Antoine Meillet«  : Les langues dans l’Europe nouvelle », Paris : Payot), et, encore avant lui, le grand géographe Élisée Reclus l’avait aussi constaté dès le début du siècle dernier (Voir http://www.esperanto-sat.info/article438.html et « L’homme et la Terre »). Comme je l’ai écrit, ce ne sont pas les aspects linguistiques qui entrent en jeu à partir du moment où on atteint un certain niveau de facilité, tel que celui de l’espéranto. Certains ont même proposé l’aymara comme langue internationale http://fr.wikipedia.org/wiki/Aymara .

La véritable raison est le refus politique d’une telle langue. Toute proposition autre que l’espéranto, même en supposant que l’on parvienne à concevoir une langue presque parfaite (très supérieure à l’espéranto, car ça ne vaudrait pas la peine de compromettre l’idée de langue internationale construite par un proposition de niveau à peu près équivalent) subirait le même sort. Il suffit pour cela de voir quels sont les arguments opposés par nos gouvernements, nos ministres de l’EN, ou la Commission de Bruxelles, pour rejeter l’espéranto et son enseignement.

A la SDN, pour rejeter l’espéranto, le délégué avait argumenté sur « son alphabet accentué à la manière slave » ! C’est justement grâce aux lettres acentuées, qui permettent de ne jamais douter sur la prononciation, donc une lecture plus facile, que les petits Croates, par exemple, apprennent plus vite à lire que bon nombre d’autres petits Européens. Les élèves les plus frappés par la dyslexie sont les anglophones : http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=600 . Une amie allemande, épouse d’un Anglais, tous deux espérantistes, m’avait dit une fois qu’il est fréquent de douter de la bonne prononciation d’un mot anglais aussi longtemps que l’on ne l’a pas entendu. Faute d’accentuation, il est impossible de savoir quelle est la bonne prononciation de telle ou telle lettre entre plusieurs possibles. On peut voir d’autres arguments politiques (toujours les mêmes exprimés de façon différente) : http://www.esperanto-sat.info/article205.html

Par exemple : « l’absence de support littéraire, historique ou géographique comparable à ceux d’une langue classique ou vernaculaire n’a pas permis de retenir l’espéranto au nombre des langues susceptibles d’être présentées aux examens. »

Un tel argument, qui n’est plus valable pour l’espéranto, puisqu’il a une littérature, une histoire et, du fait de sa diaspora, une aire géographique, le serait pour toute nouvelle proposition, à plus forte raison si le vocabulaire était totalement inventé, « créé de toutes pièces », comme disent certains (ce qui est faux pour l’espéranto).


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