Article très intéressant.
Ce concept de résilience me paraît pourtant toujours aussi étrange. Il tendrait à minorer l’importance du déterminisme, et pourtant il ne semble que s’inscrire dans son sillage, en renforcer le poids paradoxalement. A l’image de cette tendance pathétique qu’a notre temps à vouloir tout analyser, contrôler, penser en termes de psychologie, avant -au lieu- d’agir. Ne nous encourage-t-on pas à « caresser nos plaies » ?
Je trouve cocasse que Cyrulnik critique les « perroquets » qui simplifient et banalisent. Il a eu la volonté de vulgariser, ce qui peut être louable, et a regretté que l’on ne s’empare pas de ce concept. Cela fut fait. Quelles autres conséquences pouvait-il en attendre ?
Concernant les études faites sur des individus dont l’entourage aurait favorisé la douleur ou la reproduction de violences par exemple, je me demande comment elles ont été menées et en quelle mesure ce que l’on en attendait n’a pas joué un rôle important. (Un peu comme une enquête de sociologie peut-être faussée, rien que par la présence du sociologue, si l’on ne s’en protège pas) Si vous aviez les références de ces études, je serais preneuse.
J’exclue de mon propos les douleurs engendrées par les guerres, tortures et massacres. Gazi Borat citait les cas de Bettelheim et Lévi, qui n’ont en effet pas fini de nous interroger (et de nous émouvoir). Je songe à la bande dessinée « Maus », d’Art Spiegelman, dans laquelle la relation entre le narrateur-auteur et son père illustre ces questions. Les concernant, je ne me prononcerais pas, elles restent pour moi à l’état de questions. Il me semble toutefois que le concept de résilience est inopérant pour ce qui est de les penser, de les questionner.
Qu’apporte-t-il de plus à la reflexion, à l’action, ce concept ? Très sincèrement et sans animosité, je vous avoue que je ne vois pas... Et pourtant, je le redis, votre article m’intéresse, ne serait-ce que parce qu’il y a là quelque chose qui m’échappe.