@ l’auteur,
Pour répondre à votre question, je ne pense pas qu’il faille supprimer les MOE, et ce, malgré les faiblesses incontestables que vous soulignez.
Bien sûr que ces missions sont imparfaites, et qu’elles ne règlent pas tous les problèmes, bien sûr que l’on peut et que l’on doit montrer une exigence renouvelée pour obtenir des gages toujours plus sérieux, du respect de la volonté populaire.
Mais en même temps, on ne peut attendre d’aucun peuple ni d’aucune société qu’elle puisse passer de la dictature à la démocratie sans aucune période de transition, sans aucun passage un peu boiteux.
Et c’est dans cette période que l’Etat est le plus fragile. Il n’a plus la solidité d’une dictature, imposée par la force et par la crainte, mais il n’a pas encore la légitimité et la force tranquille que lui confère l’effectivité de la démocratie.
L’Espagne a très bien géré cette période de transition démocratique, après la mort de Franco, en grande partie grâce à l’action stabilisatrice du Roi Juan Carlos, et avec le soutien des Etats européens voisins.
Je pense que le Togo se trouve lui aussi, avec son histoire propre et ses spécificités, dans une phase de transition démocratique. Et plutôt que de remplacer un élément de contrôle qui fonctionne de manière insuffisamment satisfaisante, il vaudrait mieux chercher à renforcer l’outil, élargir son champ de contrôle.
Votre proposition de renforcer le rôle, le nombre et les prérogatives des contrôleurs locaux me semble comme à vous absolument indispensable. Mais plutôt que de remplacer les uns par les autres, pourquoi ne pas chercher à combiner les deux approches ?
Les deux groupes de contrôleurs, au travers ne serait-ce que de l’échange de leurs expériences, perfectionneraient leurs méthodes, s’adapteraient plus facilement aux évolutions du terrain (et des pratiques de fraude). Et par un désengagement progressif et maîtrisé, ce processus permetttrait de conserver les garanties acquises sur le plan de la sincérité des scrutins, en évitant tout risque temporaire d’absence de contrôle.