Je suis chercheur en biologie. J’ai vu l’article ADN comme une sorte de résurgence d’un passé noir. J’ai été choqué de voir des démocrates de droite soutenir ce franchissement intellectuel qui pousse la France vers des exces potentiels. Si nous n’avions pas eu un passé lourd, j’aurai pu voir d’un oeil moins intransigeant cet article. Mais la France a eu ses Croix de feux, ses maurassiens, ses lepenistes... elle met un arsenal anti-liberté à la disposition d’un régime « à venir ». Aussi, le chercheur en moi condamne cette dérive.
J’ai aussi beaucoup de mal à comprendre le mutisme de certains présidents d’Université, de responsables de l’INRA, de l’INSERM et du CNRS... Il faut se réjouir néanmoins de la prise de position de Sauvons la recherche ou de quelques jeunes chercheurs qui preferent rester dans une dignité irréprochable plutot que de garder un silence protecteur pour leur carriere.
Enfin, l’article est toujours là, meme vidé de sa substance. Il est comme un « coin de métal » enfoncé dans le bois de notre démocratie républicaine. Il est pret un jour à servir pour fendre nos principes universels. Inconsciemment la droite n’a pas su visiblement faire machine arriere. Elle est enfermée dans sa décomplexion et elle continue à flatter les bas instincts d’une société de moins en moins « civilisée ou éduquée ». Cet article « ADN » est un stigmate de plus dans le glissement de la France vers les affres d’une « droitisation » sans limite.
En conclusion, le conseil constitutionnel a été forcément prisonnier d’un deal entre des interets politiques chiraquiens et une mouvance sarkoziste totipotente. Il est probable qu’en laissant passer ce texte, l’ancien président coulera une retraite plus tranquille...