Je vais tenter d’ajouter mon grain de sel aux deux sujets soulevés par les posteurs précédents :
D’abord le devenir des mercenaires. Je serais à la fois plus rassuré et plus alarmiste que vous. Plus rassuré car la plupart d’entre-eux sont tout simplement des militaires de carrière (j’en ai rencontré) qui envisagent leur activité comme un boulot hattement qualifié et grassement payé. Certains, les anglais par exemple, estiment que leur dizaine d’années passées sous les drapeaux devaient être monnayées ensuite pour leur permetre d’acheter leur gros cottage à la campagne, envoyer leurs mômes dans les meilleures écoles, accéder aux classes aisées.
Mais c’est là que le bât blesse : le métier des armes n’est plus envisagé comme un sacrifice patriotique, mais comme une carrière de cadre, commencée comme ’stagiaire’ (le temps passé dans l’armée nationale) puis rentabilisée au service de Blackwater and Co. En somme, l’expertise que votre nation vous a fait acquérir à son service doit servir de source d’enrichissement personnel ensuite. Toutes proportions gardées, c’est exactement comme nos braves hauts-finctionnaires qui, une fois formés par notre République, décidément trop bonne fille, iront pantoufler dans les sociétés du Cac40 et sa gaver de golden-machins en tout genre.
Il est ironique que ce phénomène ait vu le jour aux Etats-Unis, où, pendant longtemps, les militaires étaient fiers de la modicité de leurs soldes, qu’ils compensaient par leur esprit de corps.
Quant au fait de savoir si l’Irak a été libéré, mon opinion est plus nuancée que les deux positions extrêmes. Oui, l’Irak a été libéré, et bien des Kurdes et Chiites vous le diront, mais à quel prix, En somme, est-ce que le positif - le renversement d’une dictature - pèse plus lourd que les centaines de milliers de morts ? L’insécurité permanente ? Le renforcement de l’Iran ? La banqueroute morale de l’administration U.S. ? La stagnation des moyens mis en oeuvre en Afghanistan, permettant aux talibans de reprendre du poil de la bête ? Le renforcement des filières de recrutement d’Al-Qaida ? Pour moi la réponse est non.
Mais j’ai une vision analogue d’autres bouleversements historiques : la suppression de l’esclavage aux U.S.A. a été une libération, mais fallait-il, pour cela, déclencher une guerre avec, à la clef, plus de six cents mille morts ? Et que dire de la Révolution française, relayée par les milliers de morts des guerre napoléoniennes ? Noons tout de même que personne, au départ, n’imaginait que ces conflits allaient être aussi longs, aussi sanglants. Comme en 1914.