@ Sigefroid
Vous dites : Pour ma part, j’ai une hantise des courts-circuits intellectuels et des tout-terrains du savoir. Tout est tellement complexe et interactif.
C’est exactement cela. En ce qui me concerne, il m’a fallu écrire dix livres en suivant le fil qui m’a conduit dans ma recherche pour que je sois à peu près sûr que je ne me trompais pas sur l’essentiel... et trente ans de réflexion (oui, je sais que, comme Montaigne, mon intelligence n’est pas aussi rapide que je le voudrais). Et il faut dire qu’avant ces trente ans, je connaissais assez bien mes textes mais que je les interprétais toujours dans l’esprit de ma tradition familiale.
Mes deux « Histoire du Christ », qui sont au centre de mon étude, ont été publiés en 1996, par mes soins, en auto-édition, pour plusieurs raisons dont la principale est que je n’ai pas voulu que leur teneur soit récupérée dans un sens ou dans un autre (je ne suis pas pour les coups médiatiques).
Ces deux ouvrages ont été publiés sans publicité autre qu’une présentation ordinaire sous forme de résumés. En revanche, je les ai adressés au Vatican, à l’Ecole biblique de Jérusalem et à un certain nombre de philosophes français parmi les plus connus. Je n’ai eu de réponses que du Vatican et de Luc Ferry, mais sans plus. C’est un échec qui s’ajoute au fait que je ne vois pas venir le débat qui pourtant s’impose entre philosophes et théologiens sur ces questions pourtant fondamentales qui touchent à notre histoire et à notre être.
Un général de mes amis auquel j’essayais prudemment de me confier me disait un jour en termes un peu crus que je ne veux pas répéter qu’il voudrait bien, avant de mourir, en savoir un peu plus.