@ AB
Je n’ai pas dit que les thèses de ces auteurs me rebutaient. Je dis seulement que s’ils reprennent, comme vous le dites, la version de 1973 d’O. Menschen-Helfen, je n’en vois pas bien l’intérêt.
Je ne suis pas d’accord avec votre interprétation d’un empire romain d’Occident « en déliquescence ». C’est bien plus compliqué que vous le pensez. Il faut se méfier des « clichés ». Sidoïne Apollinaire qui est, lui, un auteur d’époque nous dresse le tableau d’une Gaule en paix et en plein essor de prospérité... jusqu’aux jours où les troupes mercenaires burgondes, franques, goths etc. engagées en trop grand nombre par les cités gauloises, ont imposé la force de leurs armes.
Dans ce contexte d’immigration choisie- car ces troupes mercenaires étaient engagées par contrat - immigration à laquelle s’est ajoutée le rapprochement familial inévitable et une immigration sauvage difficilement contrôlée sur le limes rhénan, le réalisme politique a fait que ces Burgondes, Goths, Franc fédérés et autres de l’intérieur ont compris que la Gaule ne pouvait plus accepter toute la misère du monde, et qu’il fallait interdire l’entrée à leurs cousins d’Outre-Rhin, d’où l’union sacrée contre l’invasion d’Attila, d’où la très importante bataille des champs catalauniques
Car les troupes d’Attila étaient majoritairement composées de contingents mis sur pied par les cités de Centre-Europe. L’histoire de ces cités est aussi respectable que l’histoire des cités gauloises. Il n’en reste pas moins que leurs excédents de population ont vu dans Attila celui qui allait les emmener conquérir une nouvelle terre promise.
Un fléau, qu’est-ce que c’est ? C’est un outil agricole pour battre le blé. Le fléau de Dieu, qu’est-ce que c’est ? C’est celui qui prétend rétablir la justice au nom de Dieu, c’est l’épée d’Allah.
Voilà pourquoi je ne peux laisser dire qu’Attila est victime d’un mythe, car ce mythe, c’est peut-être lui-même qui l’a forgé. Plusieurs siècles avant lui, le Germain Arioviste inspirait une telle crainte que l’armée de César, cantonnée à Besançon, ne voulait pas partir au combat.