@ AB
Je suis heureux que vous reveniez sur le terrain de l’argumentation. Contrairement à ce que vous pensez, je n’ai pas d’idées arrêtées sur le dossier Attila que je n’ai pas étudié en profondeur.
Qu’un historien s’inspire de travaux d’historiens qui l’ont précédé, je suis d’accord avec vous avec la nuance toutefois qu’il y a toujours intérêt à se ressourcer dans les documents d’époque. C’est ce que je vous conseille de faire en ce qui concerne la Gaule du V ème siècle en relisant les écrits extrêmement détaillés de Sidoïne Apollinaire.
En ce qui concerne la compréhension de l’Histoire, ce n’est pas un anachronisme que de faire parfois des parallélismes entre des époques différentes. C’est justement là l’intérêt de l’Histoire et de son enseignement que d’acquérir une culture historique pour pouvoir mieux comprendre les événements du présent à partir des leçons du passé. Ce que vous faites semblant de ne pas comprendre dans mon commentaire, je pense que d’autres le comprendront.
En ce qui concerne l’entrée en Gaule de peuples que vous qualifiez de barbares, je maintiens ma position, à savoir que ces populations militaires se sont, bien souvent, installées en Gaule à la suite d’alliances passées avec des représentants des cités gauloises, beaucoup plus présents sur le terrain qu’un lointain empereur de Rome. Que le cas des Burgondes est caractéristique puisque invités à venir s’installer dans le pays éduen à la demande des Eduens eux-mêmes.
En fait d’anachronisme, je remarque que vous placez le Vème siècle d’après J.C. dans l’Antiquité !
Je n’ai pas dit qu’Attila avait construit son mythe, j’ai dit que c’était peut-être lui-même qui l’avait forgé... peut-être. Ne déformez pas mon propos ! Nous avons plusieurs documents, même s’ils sont à orientation religieuse, qui le laissent entendre (vie de saint Loup, de saint Germain si ma mémoire est bonne).
Bref, je ne porte pas de jugement moral sur Attila, que cela soit sur l’Attila de vos bandes dessinées ou sur l’Attila historique. Qu’il ait laissé un souvenir positif en Hongrie, je le comprends parfaitement mais essayez de comprendre que les peuples qui ont souffert du pillage de ses troupes en aient conservé un souvenir différent. Au risque de vous sidérer encore par mes comparaisons anachroniques, je vous dirais qu’il en fut très certainement de même pour Arioviste, si mal traité dans les Commentaires de César ainsi que dans une époque plus récente, de Napoléon. Allez donc demander aux Espagnols le souvenir qu’ils en ont gardé ?