eh oui bien sûr, vous décrivez fort bien comment tout cela fonctionne, et il y a maintenant bien des lunes que Lorenz a décrit la fonction sustitutive du sport à la guerre, faisant s’opposer pour de faux deux équipes au lieu de deux armées.
Mais la médiatisation - encore elle - dont vous soulignez le rôle, a eu pour résultat que maintenant c’est de moins en moins pour de faux et de plus en plus pour de vrai, jusqu’aux dégâts collatéraux pour des civils innocents. Avec quand même le nombre de morts, la grande différence reste encore le coût : même si les salaires des "joueurs" sont extraordinaires, on ne saurait comparer le prix d’un ballon à celui d’un obus guidé au laser, ni le prix de M. Zidane à celui d’un avion Rafale.
Suivant l’inexorable formule de Mac Luhan, le sens a une fois de plus glissé du représenté au représentant. Le foot a atteint la taille critique à partir de laquelle toute structure détourne sa fonction en transformant celui à qui elle était destinée (le spectateur) pour en faire le carburant nécessaire à son fonctionnement propre, tournant sa finalité vers elle-même aux dépens de ceux qui l’avaient conçue pour la mettre à leur service (tout comme l’élève est devenu le combustible de l’éducation nationale).
Et comme vous le décrivez, les médias opèrent de même avec le foot : censés être à son service, ils l’ont mis à genoux, taillable et corvéable, en le couvrant cyniquement des clinquants oripeaux que l’on sait.
Rien de nouveau sous le soleil, et surtout pas sous le soleil qui orne le drapeau du Tibet : sous d’autres habits, c’est bien dans les engrenages infernaux que vous montrez, que la Chine se prépare à opérer encore ce même détournement, avec un olympisme devenu grande foire aux médailles. La Chine au service de l’olympisme ... avouons que ça laisse rêveur, mais qui gagnera ? La Chine, ou ses images ?