Pour ce cher JPC 45 :
1979 : le coup d’état mondial
Après une crise monétaire importante et des poussées inflationnistes, la réserve fédérale américaine dit : "c’est finis, on va augmenter les taux d’intérêts". L’objectif principal des politiques économiques n’est plus le plein emploi, mais la lutte contre l’inflation, et ainsi revaloriser les profits. C’est la fin du compromis social.
En effet, l’objectif est donc de redresser la courbe du partage de la valeur ajoutée. Avant nous avions une répartition entre capital et travail loin d’être égalitaire, mais le travail avait encore une place non négligeable. D’après Serge Halimi, rédacteur en chef adjoint du monde diplomatique, il y a eu un transfert d’environ 8% du P.N.B français des revenus du travail vers les revenus du capital, des sommes qui auraient autre fois versé aux revenus du travail.
Comment a-t-on réussi à transférer l’argent du travail vers le capital ?
Au début des années 80 on explique que cet ajustement doit être provisoire : "c’est la crise tout le monde se serre la ceinture, on remet le bateau à flot et puis ça repart". On met en avant des théoriciens oubliés des années 30 comme Hayek, on voit la création de la société du Mont-Pèlerin, et peu à peu on fait taire tout autre voix. Cela s’accélère avec la chute du bloc de l’est, supprimant définitivement l’idée même d’alternative.
En s’appuyant sur des chercheurs qui vont donner un habillage savant aux préférences économiques et financières des milieux dirigeant, on va nous expliquer qu’il faut enrichir les riches pour qu’ils puissent créer des entreprises et offrir des emplois aux pauvres. On nous présente cela comme inexorable, en ne laissant pas la parole à d’autres chercheurs comme Michel Husson, Yves Salesse, avec la Fondation Copernic, le CRID etc...
Retour à la case départ.
Avec Reagan et Thatcher on signe la fin claire et nette du capitalisme industriel (qui pouvait encore supporter le social) au capitalisme financier, qui ne fait plus l’essentiel de son profit sur la production, mais sur la spéculation. On supprime tous les obstacles aux mouvements des capitaux : libre circulation des capitaux, déréglementations, financement des entreprises par le marché financier et ouverture des frontières entre les divers marchés financiers et monétaires. Résultat : la sphère financière se replie sur sa propre logique et se déconnecte peu à peu de l’économie réelle. Deux chiffres pour bien comprendre l’importance de ce changement. Entre 1989 et 1998 le volume du marché des changes est multiplié par trois. Une journée de spéculation sur les devises (seulement sur les devises) représente 1.500 milliards de dollars, soit le montant des réserves en or et devises des principales banques centrales dans le monde.
Dans cette nouvelle économie mondiale, le besoin d’un salariat qualifié avec le quel on avait un contrat social, même imparfait c’est terminé. Aujourd’hui on va chercher l’argent directement sur les marchés financiers.
Au plaisir de vous lire, cher JPC 45 !