Salut Cambronne
Je pense qu’il est difficile de faire des généralités sur l’emploi des troupes indigènes. D’autant que, comme dans la plupart des groupements humains, le comportement des subordonnés dépend de celui ou de ceux qui les commandent.
J’ai beaucoup étudié le rapport du colonel Mouret qui a atteint Smara en 1913, et qui a combattu quelques jours plus tard à l’oued Tagliatt, lors d’un combat resté légendaire dans la région. Le rapport décrit l’ensemble des opérations de façon parfaitement explicite et il est complété par des « propositions d’inscriptions » à diverses promotions ou à divers honneurs. Sur un effectif d’un peu plus de 400 hommes, on relève le nom de 44 Tirailleurs sénégalais ou supplétifs. C’est dire le « peu d’estime » dans lequel ces hommes étaient tenus...
Je voudrais aussi profiter de l’occasion pour témoigner toute ma reconnaissance pour le Lt colonel Jean D’Arbaumont qui m’a guidé dans mes recherches. Quand je me suis intéressé à l’histoire de cette partie du monde, j’ai contacté divers « intellectuels », de ceux dont parle Zen dans un de ses posts. Notamment Sophie Caratini, auto-proclamée spécialiste « mondialement reconnue » de la région. J’attends toujours sa réponse. Idem du côté de l’Institut du Monde Arabe. Edgard Pisani qui le dirigeait à l’époque m’a envoyé un accusé de réception courtois, mais sans plus. Les seuls qui m’ont accueilli chaleureusement et aidé sont d’anciens militaires regroupés au sein de l’Amicale des Sahariens, « la Rahla », ainsi que certains memres de l’académie de Sciens d’Outre-Mer. Jean D’Arbaumont qui s’était passionné pour l’histoire de Smara m’a ouvert tous ses dossiers et nous sommes devenus amis. C’était le seul à avoir échangé des courriers avec les habitants de la région.
J. M. G Le clézio qui a gagné une petite fortune avec « Désert » puis avec « Gens des nuages », (ouvrages qui traitent de Smara et sur lequel il serait trop long de s’étendre ici) n’a jamais jugé utile de prendre contact avec la municipalité de la ville pour leur faire cadeau d’un seul exemplaire de ses bouquins.... A croire qu’il n’existe pas encore de « littérature équitable »...
Bien à toi. Evite désormais toute allusion à l’immonde. Pas la peine de le réveiller. Patrick Adam