Dans un système capitaliste qui n’a plus besoin de beaucoup de gens pour produire du taux de profit, et qui ne cherche qu’à délocaliser ; avec un Etat qui ne se soucie que des privilégiés protégés (en voiture avec chauffeur, on n’a pas besoin de la RATP, en jet perso, on n’a pas besoin de services publics), il est évident que le poids des grèves diminue.
Autrefois, une grève touchait le coeur du système. Aujourd’hui, elle n’en touche que la périphérie. Donc objectivement, NS a raison : ceux à qui il parlait n’avaient que faire de ces grèves qui ne les touchaient pas.
La question est bien là : comment toucher ceux qui ignorent même les conséquences de leurs actes. Ils nous pourissent la vie, mais ne voient pas les vies pourries que nous menons. Une semaine en HLM, trois jours en usine, un mois au bureau comme subalterne d’une entreprise type Valeo, ils verraient. Mais non, bien sûr, cela n’est pas possible, enfin ! Tout de même !
La question est posée : comment la population peut-elle se faire entendre sans être victime d’elle-même (les grèves touchent les salaiés comme les émeutes touchent ceux qui vivent en cité, donc cela ne mène à rien, sinon dire qu’on existe).
Rester lucide, critique, conscient. Affirmer les droits : droits de l’homme, droits sociaux, droit à l’indépendance d’esprit, et poser le refus par des actes symboliques, mais aussi pratiques, efficaces.
De nouvelles formes sont à créer.